UNTIL DAWN

 

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Qu'elle soit blanche ou d'un noir profond, qu'elle soit étoilée ou de pleine lune, la nuit est peuplée d'étranges créatures... [PV Exa]




Fiche : Lost in the Flames
Grade : D
Niveau : 1
Expérience : 28



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Ven 10 Nov - 17:21
Qu'elle soit blanche ou d'un noir profond, qu'elle soit étoilée ou de pleine lune, la nuit est peuplée d'étranges créatures...
Qu'importe qu'on vive une journée ou un millénaire.
Le temps a toujours raison de tout. Il ne fait aucune exception.
Nul ne saurait courir assez vite pour le semer.
Alors, pourquoi ne pas tout simplement s'asseoir et l'attendre ?

La lune était pleine, offrant généreusement sa douce lueur aux voyageurs nocturnes. Comme si elle désirait me charmer, la nuit avait choisi d'enfiler sa plus belle robe étoilée. Futile. Elle avait déjà conquit mon cœur alors même, que je n'étais pas encore certain d'en posséder un. Alors que mon regard ambré ne quittait plus le ciel nocturne, témoignant une sincère fidélité à la déesse nocturne, une brise glaciale venait effleurer avec timidité les mèches de mes cheveux d'ébènes, s'autorisant même l'audace de caresser mon visage. Toute cette mise en scène avait un certain parfum de nostalgie...

J'étais immobile, au centre de ce pont, depuis plusieurs heures déjà. Si la saison, l'hiver, se montrait particulièrement peu clémente, ne cessant de renouveler le sol neigeux dès qu'il daignait commencer à disparaître, je craignais que peu le froid. Ce n'était qu'un inconfort. Il n'était pas suffisant pour me terrasser et, j'étais presque certain d'être immunisé à toutes les maladies qui frappaient sans état âme tous les êtres naturels de ce monde... Ah, il est vrai que je n'ai rien de très naturel. J'avais longuement soupiré à cette idée, laissant un souffle chaud quittait mes lèvres.

Délaissant la beauté de la nuit, mon œil doré s'était porté vers l'horizon, apercevant presque l'extrémité du pont tant la lune se montrait courtoise. Soudainement, le décor neigeux et l'orée de forêt, dans lequel je me trouvais, s'étaient envolés, laissant place à l'aube d'un printemps appartenant à une autre époque, à un autre lieu, à un autre pont bien plus grand et bien plus ancien. La scène mythique, vieille de plusieurs siècles, se rejouait devant moi. J'incarnais à nouveau le moine guerrier au long manteau noir, celui que tous appelait l'enfant du démon. Autour de moi, sur les rambardes en bois du pont, une centaine de katana y avaient trouvés un fourreau forcé, leurs lames enfonçant dans le bois. Mes précieux trophées. Alors que je désespérais de trouver un adversaire digne de moi, ma patience n'étant plus que des chaînes retenant mon incommensurable férocité, le vent transporta une étrange mélodie jusqu'à mes oreilles. Insensible à toute art, ce son de flûte m'avait paru aussi agaçant que étranger. Mes yeux dorés braquaient vers la provenance du bruit, j'avais aperçu une fine silhouette se détachait lentement de la brume, progressant d'un pas certain sur le pont Gôjo à Kyōto, se dirigeant vers moi...

Soudainement et douloureusement, j'avais rejeté ces souvenirs de la période Heian, les laissant fuir la réalité où ils n'avaient plus leur place. J'étais de nouveau à notre époque, sur ce pont dans le parc Hayashi de Tokyo. Mon instinct ne me trompait jamais. Quelqu'un approchait et ce n'était pas Ushiwaka, celui qui avait été mon maître et mon seul et véritable ami. Cet homme était mort depuis bien longtemps... Mais, revenons à nos très chers moutons. Quelle vermine osait me déranger dans l'une de mes précieuses séances de nostalgie ? Qui allait rejoindre les morts cette nuit ?

L'homme était moyennement grand si on le compare aux hommes actuels. Rien qu'à sa silhouette, je savais qu'il n'était pas japonais. Cela s'était confirmé quand j'avais pu mieux distinguer ses traits, notamment sa peau colorée. Mon regard d'or s'était ensuite porté sur ses curieux vêtements avant, de se figer sur ce qu'il transportait sur le côté droit de sa ceinture. Un fourreau pourpre dont dépassé la garde d'un authentique sabre japonais. Finalement, je n'avais pas tant quitté la bonne vieille époque que ça... Autrefois, Ushiwaka m'avait infligé ma première défaite sur le pont Gôjo, brisant ma série de 999 victoires consécutives. Du moins, c'était ce que contée ma légende. En réalité, vous pouvez aisément retiré un chiffre. Et aujourd'hui, je me retrouvais à nouveau posté sur un pont, un homme d'arme me faisant face. Peut-être était-il temps de rejouer la légende de Benkei, le temps d'une 1000ème victoire...

- « Ton katana. Donnes-le moi ! » Ordonnais-je d'une voix sombre, fracassant le silence.

Mon unique œil valide s'était braqué sur le jeune humain, rappelant sans peine celui d'un grand prédateur prêt à bondir sur sa proie pour la déchiqueter de ses crocs. Qu'il accepte ou non de dégainer son sabre, c'était du pareil au même ! Cet homme d'arme n'aurait nul autre choix que de m'affronter et, de mourir !
© 2981 12289 0

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Je brûlerais milles lunes pour faire naître,
ne serait-ce, qu'un seul soleil.
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Qu'elle soit blanche ou d'un noir profond, qu'elle soit étoilée ou de pleine lune, la nuit est peuplée d'étranges créatures... [PV Exa]
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