UNTIL DAWN

 

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Nils Erling│Civil




Fiche : ...
Liens & Relations : ...
Journal : ...
Grade : D
Niveau : 1
Expérience : 19



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Sam 18 Mar - 18:54
Nils Erling
Race : Humain
Sexe : Masculin
Âge : 26 ans
Anniversaire : 5 Mai
Nationalité : Norvégienne
Classe sociale : Haute
Métier : Barman
Sexualité : Bisexuel selon ses dires
Loisirs : Jouer du piano, lire et la mixologie
Pseudo sur Kaibyou : Spoiler
Particularité : Allergique aux fraises et aux plumes. Peut s'endormir un peu n'importe où, l'espace de 10 minutes.
Mental
Mes clients me prennent toujours pour leur ami, vu que je les écoute toujours avec une oreille attentive, prêt à les conseillers dès que j'en suis capable. Tant que je me préoccupe des autres, eux ne jugent pas utiles de se préoccuper de moi. L'égoïsme humain est fascinant. Je ne les en blâme pas, qui écouterait le barman qui vous sert ? Et puis, même si on commençait à me poser des questions, je trouverai toujours le moyen de les contourner. Car en fin de compte, ici au Japon, personne ne me connaît vraiment. Les quelques exceptions sont rares, et se compte sur les doigts d'une main. Je suis venu ici pour me cacher, je n'allais pas prendre le risque de me dévoiler. Je joue un rôle, en permanence. Je suis cet homme calme et patient, qui trouve toujours le moyen de trouver un arrangement avant même que la dispute ne commence. En vrai, cela m'énerve, j'aurais parfois envie de frapper ces imbéciles qui ne comprennent rien, ou pire, font semblant de ne rien comprendre. Et je ne parle même pas des irrespectueux et des malhonnêtes qui trainent dans mon bar. Je laisse généralement exploser tout ça chez moi, en insultant mentalement ceux qui essayent de me prendre pour un crétin.

Derrière mon bar, j'ai cet air chaleureux, accessible, toujours à répondre avec le sourire, sachant toujours quoi répondre. Cet air contraste totalement avec celui que j'ai quand je suis hors de mon bar. Je me sens moins à l'abri, et ne trouve souvent pas quoi dire dans ces moments là. D'un autre coté, il est rare que je fasse des rencontres en dehors de mon bar, et une fois que je connais quelqu'un, cette timidité disparait.

Je n'ai certes pas fait d'étude, ayant stoppé l'école une fois le lycée terminé, mais je n'en reste pas moins curieux. Je remercie tous ceux capable de m'apprendre quelque chose. Je vous laisse imaginer la montagne de livre qu'il y a chez moi, j'ai une pièce dédiée rien qu'à ça, en plus de mon ordinateur. Quand on en a les moyens, on ne s'en prive pas.

Plus sérieusement, je joue généralement la sécurité. Je suis prêt à tout tenter, tant que ça ne met pas en danger ma petite vie tranquille. Je ne suis pas téméraire, et encore moins courageux. Je prône le calme et la tranquillité de la vie, et pas la prise de risque inutile. Je ne suis pas comme ces fou-furieux aux pouvoirs surpuissants capable de vous tuer en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Je me range plutôt dans la catégorie de ceux qui sont tout à fait normal.

On me trouve souvent un peu trop sérieux, en vérité, je ne me lâche jamais en apparence, n'en ayant pas vraiment eu l'habitude dans ma jeunesse. Néanmoins, je suis capable de faire la fête, de m'amuser, et de faire le « fou » comme vous autres. Tout dépend d'avec qui je suis, d'où on est, et possiblement de l'alcool que j'ai dans le sang. Je suis quelqu'un d'assez casanier, peut être parce que je méfie de tout, et surtout parce que je sais qu'il va se passer des trucs dans cette ville, mais pas toujours quand.  

Je suis du genre méfiant, et la liste des choses que je crains est assez longue. Je vois des embrouilles partout, me demandant toujours s’il n’y a pas une idée cachée derrière vos actions. Je vérifie toujours derrière moi, ceux qui se cachent dans les coins sombres.

Physique

Il faut bien avouer qu'au milieu de la population japonaise, je ressors pas mal. Petite tête blonde au milieu d'une population asiatique.. Heureusement que la mode est aux cheveux colorés ! Comme je le disais j'ai de doux cheveux bouclés, d'un blond typique des pays scandinaves. Le visage émacié, des cernes se dessinent souvent sous mes yeux noisettes, dues à mes nuits assez agités. De ce fait, j'ai souvent l'air fatigué, blasé ou lassé, mais un petit sourire sur mes lèvres suffisent pour faire comprendre que non, vous ne me faites pas chier. Loin de là mon idée. C'est juste pour moi, plus rien n'est extraordinaire.

Des épaules étroites, particulièrement maigrichon, en raison de mes années d'errance, je ne suis guère imposant. Pas bien haut non plus, je dépasse tout juste les 1 mètre 70. En été, vous me verrez toujours habillé au plus léger possible en extérieur, ne parvenant pas à m'habituer à la chaleur estivale du Japon. Aussi, dans mon bar, je reste toujours bien habillé, chemise blanche et nœud-papillon rouge, uniforme de l'établissement, pour la simple et unique raison que la climatisation tourne à plein régime pour ne jamais dépasser les 24 degrés. En hiver, je suis comme un enfant qui retourne chez lui, et s'il neige, vous pouvez être sûr que je serai le premier dehors, pull et bottes fourrées aux pieds, juste pour prendre l'air.
Spoiler
Nom du Pouvoir : Rêverie Future
Nature du Pouvoir : Don
Costume : Je me déguise pas, z'êtes fou ou quoi ?
Description :
Les visions de Nils semblaient être au début de simples rêves, des cauchemars même. Mais mis en lien avec les informations venant du monde entier, ces simples rêves cauchemardesques se révèlent vrai la plupart du temps, ou très similaire à la réalité. Avec cette réalisation, Nils commença à écrire un journal lui permettant de regrouper, et surtout de prendre note, de tout ce qu'il voit, et barre ceux qui se réalisent, à sa connaissance.

A ce jour, ses rêves sont devenus particulièrement précis, lui permettant parfois de les situer, en lieu ou en date, voir même les deux, bien que cela soit exceptionnel. De plus, sa préoccupation pour ses connaissances implique qu'il voit souvent en priorité les événements important pouvant leur arriver, car inconsciemment, il tient à être sûr qu'il ne leur arrivera rien de grave. Du coup, ses visions se retrouvent de plus en plus centrés sur Edoshima et parfois la Norvège. Il est clair que plus il pense à une personne, plus il a de chance de rêver de ce même individu.

Il faut bien comprendre qu'il est extrêmement difficile de choisir sa prochaine vision dans le temps, mais il sait qu'il en est capable, l'ayant déjà fait une fois. Cela ne marche que s'il est certain que cet événement va se produire, peu importe quand, il a juste besoin de cette certitude. Cela peut ainsi lui permettre d'en connaître la date, si sa vision lui permet, son lieu ou même les détails. Bien sûr, choisir ses visions n'est pas si simple.

Comme il est dit, Nils ne fit qu'une seule fois cette folie, qui réussit, certes, mais il en ressortit malade, fiévreux voire même comateux, pendant la semaine qui suivit. Est-ce qu'il a vraiment envie de recommencer ? Pas vraiment. Il ne le fera que s'il ne trouve pas d'autres solutions.

Il reste une dernière chose à dire sur les pouvoirs de Nils. En fait, même lui même ne sait pas si c’est vraiment possible et réel, mais une fois, alors qu’il vivait encore en Norvège, tandis qu’il était aux prises avec un clients un peu trop éméché, il se passa quelque chose qu’il préfère ranger dans la catégorie de la coïncidence, ou de la chance. Alors qu’il allait se prendre un coup qui aurait pu s’avérer particulièrement douloureux, c’est comme s’il entraperçu au même moment ce qui allait se passer. Comme un retour en arrière de deux secondes, ce qui lui permit d’esquiver un peu à l’arrache, pour ensuite détaler. Alors, juste une impression ou y aurait-il quelque chose à creuser ?


Présent

Je me réveille en sursaut, effrayé, paniqué, ou encore en pleine crise    de panique. Le soleil n’est pas encore levé, mon appartement plongé dans le noir, j’épie ma chambre, comme pour me rassurer que je suis bien sorti de mon cauchemar. C’est mon quotidien. Il est rare que je me réveille dans le calme. Il me faudrait vivre loin de tout le monde pour cela.

Je me lève sans trop tarder, sortant de mes draps, attrapant presque par habitude mon journal rangé dans la table de chevet. Et je note. Je note tous les détails dont je me souviens, tant que c’est frais, avant de tout oublier.

Je suis encore fatigué, mais pour rien au monde je retournerai dormir. Pas tout de suite. Je file donc sous la douche, pour me débarrasser de la sueur et me réveiller convenablement, plus calmement, longuement. Et ainsi, je peux commencer ma journée.

Je mange toujours en regardant les informations, mon journal sous la main. Ainsi, je barre ce qui arrive, vérifiant ainsi chacun de mes rêves. Je prends des notes, et apprends tout simplement. Cela me permet d’appréhender un peu mieux les prochains rêves que je ferai, même si mes rêves sont loin d’être une science exacte.

Ensuite, je traine sur internet, lâchant quelques infos par-ci par-là sur le tchat Kaibyou afin de prévenir éventuellement des zones dangereuses, ou du moins celles qui allaient le devenir pour une période. Sous le nom de “Spoiler” je suis malheureusement le sujet de bien des conversations. J’intrigue les gens. Et je les comprends. C’est pour cela que je ne lâche que les catastrophes les plus graves, ou quand je prévois un paquet de mort. Sinon cela n’a aucun intérêt. Je ne peux pas sauver un bête couple fonçant droit dans un poteau avec leur voiture après une soirée trop alcoolisée. Comment pourrais-je les prévenir ? Je ne vais pas prendre le risque d’être encore plus présent sur les réseaux sociaux. Ma sécurité avant tout !

Ce que je fais ensuite dépend de mes envies, du temps qu’il fait ou de ce qui doit être fait. Cela peut être lecture sous un arbre dans un parc, glandage en règle devant la télé à la maison, ou encore balade en ville, dans les magasins, ou même au musée. J'étudie souvent aussi, ayant toujours cette sale impression de ne connaitre rien par rapport aux autres, n'ayant pas pu étudier. Ainsi j'apprends le japonais en grande partie, de l'histoire, de la géographie ou de la littérature.

Je trouve toujours quelque chose à faire, et c’est bien le seul moment où je ne suis aucune routine. S’en suit souvent une sieste, que je veux toujours court, réveil à coté, afin d’être sûr de ne pas avoir le temps de rêver. Oui, j’ai chronométré. Je peux dormir une heure et être garanti de ne faire aucun rêve.

Puis vient l’heure d’aller travailler, préparer l’ouverture du Quiver, mon bar, tout ce que j’ai. Je croise quelques-uns de mes employés, plaisante avec eux, les motive, et c’est parti pour une soirée. Je suis le seul à être présent de l’ouverture à la fermeture, pour la simple et unique raison que je n’ose pas encore laisser mon bébé entre les mains de mes employés. Et aussi parce que j’ai sans doute peur de m'ennuyer chez moi, et encore plus de m’endormir. Donc je reste, bien que mes employés font tout pour que je prenne des vacances. Peut être, un jour, si je trouve quelque chose à faire durant mon temps libre.

Ma journée se termine donc avec la fermeture du Quiver, quand je rentre enfin chez moi, à deux heures du matin passées. J’avale un fruit, vite fait, et me jette dans mon lit, épuisé. Je m’endors lentement, la boule au ventre. J’appréhende toujours mes nuits, tandis que je suis seul encore, dans cette chambre. Je me réveillerai dans quelques heures, sortant encore d’un cauchemar, prêt à recommencer pour une nouvelle journée.
Histoire
J’étais à la fois un enfant curieux et ignorant. J’aimais découvrir tout ce que l’on me proposait, tout m’enchantait. Mais j’étais aussi ignorant des choses les plus simples qu’un enfant est censé savoir. Ma sœur m’a raconté maintes et maintes fois ce petit moment de ma jeunesse que j’ai purement oublié: Je jouais dans le salon avec elle lorsque mon père rentra à la maison. Je ne pris même pas la peine de lui dire bonjour. Je ne l’avais simplement pas reconnu. Je ne connaissais même pas le visage de mon père. Pour moi, ma famille, c’était ma sœur et la nourrice. Ma mère n’était qu’un visage présent à mi-temps, mon père un inconnu à la voix forte et prétentieuse, en plus d’être possessive. Mes enfants, ma maison, ma femme, mon travail, mon œuvre… Mes, mon, ma… Il n’était jamais là, alors comment comprendre cette relation entre l’appartenance et mon père ? Comme une œuvre d’art, un bête objet de décoration, oublié dans un coin de la maison, là pour faire joli mais oublié.

Je vivais à la maison familiale, à Hammerfest. C’était non loin de l’entreprise de mon père, qui travaillait dans l’exploitation du gaz et du pétrole. C’était un homme important, pas bien grand, mais d’un tempérament redoutable. Il savait obtenir ce qu'il voulait, et l'erreur n'était pas envisageable selon lui. C'était le genre d'homme qui ne trouvait pas assez de temps en une journée pour faire tout ce qu'il voulait. Ainsi, on ne le voyait que rarement à la maison. Comme je le disais donc, je ne le connaissais que très peu à l'époque. Il me fallut un certain moment pour le considérer comme mon père.

Ma mère était un peu plus douce, bien que déterminée et savait manipuler les choses à son avantage. Elle était grande et assez belle pour que l'on se retourne sur son passage. Ce n'est pas pour rien qu'elle était mannequin, certes en fin de carrière, mais une belle carrière tout de même. De par son métier, elle était souvent en voyage aux quatre coins du monde, et revenait par période de deux ou trois jours à la maison, assez aléatoirement dans la semaine. Durant les grands événements liés à la mode, elle pouvait disparaître pendant plus d'une semaine. Néanmoins, quand elle était là, elle essayait de passer pour une bonne mère aimante et souhaitant nous faire découvrir de nouvelles choses, elle me fit commencer des cours de piano, ma sœur se mit au violon. Elle disparut l'année suivante, vers mes six ans, lors d'un de ses derniers défilés de mode, dans la faille noire, en Argentine.

Je ne compris pas tout de suite sa disparition. Pour moi, elle travaillait, comme d'habitude, et n'avait juste pas le temps de rentrer. J'avais l'habitude de ses absences. Quand ma sœur comprit que je niais l'évidence, c'est avec une crise de colère assez violente qu'elle me fit entrer l'inévitable dans la tête. Elle était morte, elle ne reviendrait pas. Je fus assez hébété par la nouvelle. J'avais compris. Un grand trou noir avait emporté ma mère.

Malgré cela, je me remis plus vite de la nouvelle que ma sœur. C'était normal, elle la connaissait bien mieux que moi. Il y eut un froid entre nous pendant quelques temps. Mais cela revint bien vite, car j'aimais ma sœur, et je m'étais donné un point d'honneur à lui remonter le moral.

Et on en eut bien besoin quand mon père, une fois ma mère portée disparue, se rendit compte qu'on était sa dernière famille. Il voulut nous connaître un peu mieux, mais il était évident qu'il ne savait pas comment se comporter avec des enfants. Et puis, il n'avait pas non plus le temps de s'occuper de nous tout le temps. On avait quelqu'un pour nous garder, lui passait nous voir. Plus le temps passait, plus il revenait à la maison. L'âge aidait aussi.

C'est vers le début de l'adolescence que je commençai à faire des rêves qui rendait le quotidien assez étrange. Ils étaient tout d’abord liés à ma vie de tous les jours, aux personnes que je connaissais. Ils étaient assez rares, et en y repensant, c'était sans doute parce qu'il ne se passait pas grand-chose de grave ou d'important dans mon entourage. Et puis je ne me rendais pas tout de suite compte de la vérité de ces rêves. En même temps, on ne vérifie pas toujours le mariage de la cousine au troisième degré de sa professeur de mathématique. Ces rêves semblaient juste très réels pour moi, mais ça s'arrêtait là. La première fois que je pus vérifier une de ces visions, ce fut vers mes 13 ans.

La personne qui m'a amené à faire ce rêve était la mère d'une camarade de classe. La pauvre s'était retrouvée dans un simple accident de voiture, qui l'avait tuée sur le coup. Biens sûr, on nous avait ensuite passé le mot en classe, pour qu'on puisse la soutenir moralement. Et moi, qui l'avait vu mourir une première fois dans un rêve, et apprendre qu'elle était morte tout juste 6 jours plus tard. J'avais regardé mes rêves autrement à ce moment là. Dans le doute, je commençai à écrire un journal, espérant que ça ne serait qu'une pure coïncidence. Mais même si je n'arrivai pas à tous les vérifier, de temps en temps, une simple réponse positive confortait mon idée que ces rêves n'étaient pas normaux. Et quand je commençai à regarder les informations à la télé, demande de mon père pour que l'on s'intéresse aux actualités, ce fut le drame. Mes rêves étaient beaucoup plus fréquents, souvent plus graves, et particulièrement traumatisant. Voir la mort de personnes, même inconnues, et savoir qu'on ne pouvait rien faire pour les prévenir, cela m'était insupportable. J'étais un garçon de plus en plus renfermé, j'avais presque peur de rencontrer plus de monde, de peur de les voir dans mes rêves. Et bien sûr, en bon gamin effrayé, je gardais tout ça pour moi. Qui pourrait me croire de toute façon ?

Mais bien sûr, la vérité devait éclater un beau jour. Et ce jour là, ou plutôt cette nuit là, j'avais rêvé de mon propre père, qui devait mourir durant un accident à la plateforme pétrolière alors qu'il y faisait une visite. Il n'y allait pas souvent, mais une fois dans la semaine, facilement. Alors quand il annonça un matin qu'il y partait, je ne pus me retenir. Je n'allais pas le laisser mourir. Je ne pouvais pas. Même si nos ententes n'étaient pas les meilleurs, j'aimais mon père. Bien sûr, il ne me crut pas en premier lieu. Mais, ma sœur vint en renfort, soutenant que je n'étais pas un menteur. Plus tard je compris que de son côté aussi, elle découvrait d'étranges pouvoirs, et se disait que je vivais sûrement la même chose. A deux contre lui, il décida finalement d'y envoyer quelqu'un à sa place. Il reçut dans l'après midi un appel disant qu'une citerne avait explosé suite à un incendie qui avait débuté dans la salle des machines. Je me souviendrai toujours de la tête qu'il avait tiré ce jour là. Je me souviens du moment exact où il a pâli, m'a regardé de ses grands yeux éberlués, donnés quelques recommandations au téléphone avant de raccrocher le téléphone. Il m'avait juste lâché un « on en parlera plus tard » avant de partir en urgence au siège de l'entreprise.

Du haut de mes 15 ans, je me sentais bien mal à l'idée de la prochaine conversation. Je me souviens être resté dans la chambre de ma sœur avec elle. On avait parlé toute la nuit. Je lui racontai tout ce que je savais sur ces « pouvoirs ». Elle me rétorqua simplement qu'elle aussi, elle faisait des trucs bizarres. En effet, elle arrêtait le temps. Comment je m'en rendais compte ? Je la voyais parcourir 10 mètres en un clignement d’œil. Néanmoins, cela la fatiguait. Mais elle semblait vouloir développer ça. Elle se sentait si forte, une fois le temps arrêté. Bien sûr, je devais garder le secret.

Mon père revint finalement deux jours plus tard. Il posa ses affaires, se lava, mangea un bout avec nous, puis demanda à ma sœur de nous laisser. S'en suivit alors une discussion de plusieurs heures. Il voulait tout savoir. Savoir jusqu'où je pouvais aller. Ma réponse de l'aléatoire, le fait que je ne maîtrisais rien ne l'enchanta guère. Il voulait que j'essaye d'aller plus loin. Que j’entraîne ce don. A partir de ce moment là, tous les matins, il me demandait en détail mes rêves. J'avais aussi la formelle obligation de n'en parler à personne d'autre que lui. Il le voulait en exclusivité. Il en eut vite marre de mes visions relatives à mes camarades ou mes professeurs. Alors il décida tout simplement, et sans mon avis, que désormais, je ferais mes cours à la maison. Est-ce que mes visions étaient utiles ? Et bien un crash d'avion fut évité grâce à lui, qui eu tous les honneurs, ainsi que le cambriolage d'une banque à la capitale. Tout ça grâce à lui… Il me disait que c'était pour me protéger, mais il voulait juste avoir un peu de gloire. Fatigué, je fis semblant de ne plus rien voir dans mes rêves. Mais quand après une vision trop mouvementé, je me réveillai en sursaut dans ma chambre et que je le vis au pied de mon lit me demander « Qu'est ce que tu as vu ? » je compris que j'avais un gros problème. Il ne pensait plus qu'à ça. Et il souhaitait me faire voir des événements plus précis dans l'avenir. La monté ou la descente d'une entreprise dans les cours de la bourse, un mauvais choix de placement ou d'investissement, une collaboration pouvant être foireuse…

J'étais déprimé, enfermé, et je ne voyais aucune échappatoire. La fuite n'était pas possible. Il me surveillait ou me faisait surveiller. Mon seul réconfort était ma sœur. Mais celle-ci était partie faire des études, alors que je finissais le lycée. C'est quand elle revint pendant ses vacances qu'elle comprit que je ne pouvais pas rester comme ça. Je me laissai dépérir dans un coin de la maison, attendant que vienne la nuit pour rêver, faire un compte-rendu au petit matin, me faire réprimander par mon père, pour que j'aille plus loin, plus je traînais dans la maison, coupé du monde extérieur. Il utilisait l'excuse d'une mauvaise santé, pour que cela passe inaperçu.

Plus les années passaient, plus cela devenait un enfer. Mon père inventait toujours de nouvelles “techniques” pour concentrer mes rêves sur une personne ou sur un jour, et ce sans me demander mon avis. Je subissais, et ne savais pas si je devais espérer pour que cela marche ou non. Si cela ne marchait pas, mon père pouvait persévérer, ou passer à une autre idée. Mais si ça venait à marcher… Il n'aurait plus envie d'atteindre son but. et au final, il avait presque réussi à atteindre son but. Seul mes mensonges m'avaient sauvé.

C'est quand elle me vit dans cet état lamentable au soir de noëln après être revenue pour les vacances, que ma soeur se décida à me sortir de cette maison de l’enfer. Elle avait progressé avec ses pouvoirs, et elle comptait bien me faire sortir de cette maison devenue prison. Elle m'avait apporté des vêtements chauds, de l'argent, tout ce dont je pourrais avoir besoin, puis ce fut l'évasion. De mon point de vue, je m'étais juste téléporté au fond du jardin en l'espace d'une seconde, étalé par terre car ma sœur m'avait traîné comme elle pouvait. La seconde d'après, j'étais au coin de la rue. Du point de vue de ma sœur, elle avait arrêté le temps, et m'avait tiré hors de la maison, et en un deuxième temps au plus loin dans la rue. Il ne me restait plus qu'à courir. Où ? Je ne savais pas. Je pris le premier bus et je filai vers le sud, là où je pourrai. Ma sœur ne pouvait plus m'aider, car elle fut la première interrogée par mon père, et il n'hésita pas à la faire suivre.

Je vécus un moment dans la rue, dans des abris ou chez des personnes bien aimables. La meilleure rencontre que je fis fut celle du propriétaire d'un bar pas bien grand, qui dû avoir pitié de moi. J'avais plus de dix-huit ans, je pouvais travailler, et j'étais débrouillard. Et j'apprenais vite. Je devins donc plongeur, puis serveur. Mais au vu de mon investissement -il faut dire qu'il me laissait dormir dans un petit cagibis à l'étage, en plus de m'offrir un salaire, je ne pouvais être que reconnaissant- il se décida à m'apprendre le fameux métier de barman. Et j'aimais ça. C'était marrant. Cela l'était encore plus quand il s'agissait de créer de nouvelles recettes. Et puis je pouvais enfin parler librement avec des gens, de nouvelles personnes ! Ma timidité maladive due à des années d'enfermement à la maison disparaissait une fois que j'étais derrière le bar. En l'espace de deux ans, je m'étais presque refait. J'avais pu loué un petit appartement en colocation, j'étais apprécié dans mon travail, et toutes ces rencontres avaient fortement développés mon don. Mes rêves étaient partout dans le pays, même parfois à l'étranger, avec les touristes ou les informations télévisées. Malgré cette belle vie, je m’entraînais encore, car comme mon père le voulait, moi aussi je voulais aller plus loin. Est-ce que j'avais une limite ? Jusqu'à quand pouvais-je aller ? Et avec quelle précision ?

En dehors du travail, j'explorais donc mes limites, j'étudiais ce don qui pouvait malgré tout être utile. Je me rendis vite compte, à coup de recherches effrénées sur les journaux mondiaux et sur le net, que ma limite était de 3 mois. Je n'avais jamais rien vu de vérifiable qui allait au-delà. Je m’entraînais aussi à repérer des détails qui me permettraient de localiser mes visions, que ce soit dans le temps ou l'espace. Une date, un journal, une parole, des panneaux de signalisation, une langue étrangère, tout pouvait m'aider à identifier au mieux ces rêves bien peu joyeux. Ils me faisaient nettement moins peur d'ailleurs, c'était un fait inévitable. Des horreurs se produisaient dans le monde entier, et on ne pouvait rien y faire.

Mais dans ce beau monde, quelque chose me dérangeait. Une impression de plus en plus oppressante. Comme s'il y avait toujours quelqu'un dans mon dos, à m'épier. Quelque chose me disait que mon père ne voulait pas en rester là. J'en eu la confirmation quand ma sœur passa un jour au bar où je travaillais. Elle voulait juste me prévenir. Le lendemain, j'avais posé ma démission et je changeais de ville. Il fallait que je recommence de zéro, avec des économies quasi inexistantes. C'était le retour à la rue, et croyez moi, être à la rue en Norvège, c'est être certain de mourir de froid si on a le malheur de dormir dehors sans rien pour se couvrir. Je n'arrivai de nouveau plus à me fixer, je reprenais la fuite. Trouver un travail stable étant impossible,  je me repliais sur les boulots les moins honorables, juste pour pouvoir casser la croûte. J’avais faim et froid presque en permanence, seul l’été m’apportait un peu de répit.

Mais l'avant goût d'une vraie vie m'ayant effleuré, je ne pouvais me résoudre à continuer comme ça. La seule solution que je voyais à ce moment là, c'était de quitter le pays. Mais sans papiers, étant tous restés à la maison, et sans argent, c'était mission impossible.

C'est à ce moment là que me vint l'idée saugrenue de tenter de contrer mes visions. Je voulais passer à l'étape supérieur, et choisir ce que je pourrais voir. C'était assez égoïste de ma part, mais je ne voyais pas comment faire autrement. Il fallait que je me force à rêver d'un point précis, qui allait certainement arriver. D'un autre côté, je demandai à ma sœur un moyen de récupérer mes papiers, à elle qui avait encore accès à la maison. A mon grand soulagement, elle était tout à fait d'accord avec moi, et n'hésita pas un instant pour m'aider.

En y repensant, je me demande ce que je serais devenu sans elle. Moi qui n'arrivait à rien, alors que tout lui réussissait… Je commençais même à me sentir mal à l'aise vis à vis d'elle. Sans moi, elle n'aurait aucun problème après tout. Je me jurai après ça de ne plus jamais faire appel à elle ensuite.

Elle réussit sans problème à récupérer ce qu'il me manquait tant, il ne me manquait plus que l'argent, ce à quoi je travaillais, tandis que je dormais sous une tente dans les alentours de Bodo. Comment gagner un max d'argent en peu de temps quand on a presque plus un rond ? La loterie nationale ! C'était bien bas de ma part, mais au moins j'étais certain de pouvoir partir là où je le souhaitais. On ne refuse jamais un millionnaire après tout… Du moins je l'espérais bien. Il me restait plus qu'à apercevoir ces fichus chiffres dans un rêve. Est-ce que j'y arrivai du premier coup ? Bien sûr que non. Il me fallut six bons mois pour y parvenir. Et pour quel résultat !

Après ce rêve forcé, je m'étais réveillé le corps totalement endolori, une fièvre qui pulsait sur mes tempes et une envie de vomir qui me fit régurgiter mon maigre repas de la veille directement dans la tente. J'avais juste eu le temps d'écrire les numéros bénis avant de retomber dans les vapes. Heureusement, je m'y étais pris à l'avance, et je pus me remettre lentement les jours qui suivirent, avant d'aller acheter le ticket béni, puis de retourner directement me coucher dans mon pauvre sac de couchage, malade comme un chien. Je ne le regrettai pas en tout cas, j'avais réussi, mais loin de là l'envie de recommencer un truc pareil. Et au vu de mon allure quand ma sœur me retrouva la semaine d'après, elle me l'interdit formellement !

J'étais enfin libre de quitter la Norvège, avec quelques millions en poche. Rester à décider où. Surtout que certes, ma sœur trouvait plus sûr le fait que je quitte le pays, mais elle tenait visiblement à m'avoir à l’œil encore… Était-ce pour mon père ou parce qu'elle tenait vraiment à moi ? Je préférai la deuxième option, la première étant bien trop déprimante. Elle me proposa donc sans hésiter le Japon, pour une raison très simple : elle y partait l'année prochaine pour commencer des cours à l'académie des super-héros. Ma première pensée fut - « ça existe vraiment des écoles comme ça ? ». La deuxième - « Attends.. ma sœur, une héroïne ? ». Elle comptait risquer sa vie pour protéger et sauver les autres ? Certes, elle le faisait déjà avec moi, mais là on parlait de vrais méchants, de véritables catastrophes, comme celles que je voyais dans mes rêves. Ce n'est qu'après une grande argumentation de sa part que je me résignai. Ma sœur allait devenir une héroïne. Et papa dans tout ça ? Il était d'accord ? Visiblement, c'était pour lui une fierté, et il lui payait l'école avec grand plaisir.

Donc je fis une demande pour émigrer au Japon sans tarder. Après tout, je n'en entendais que du bien. Et je ne serai pas seul au moins, là bas, dans ce pays purement inconnu. Six mois plus tard de paperasse sans intérêt, je décollai, direction la ville d'Edoshima.

La première chose que je fis, c'est acheter un bel appartement, bien grand, bien moderne et surtout confortable. Je ne voulais plus voir la moindre tente de toute ma vie ! Une fois installé, je pus réfléchir à ce que j'allais désormais faire de ma vie. Déjà, j'étais sûr d'une chose, je ne comptais pas révéler aux autres mon pouvoir. Je le garderais secret, et passerais pour une personne lambda sans pouvoir. Le seul métier que j'avais appris à faire, c'était celui de barman, du coup, je ne voyais que cette possibilité. Je cherchai donc un endroit pour ouvrir mon propre bar, en ayant parfaitement les moyens, et puis, j'étais décidé à travailler enfin pour moi même. J'en avais pas vraiment besoin, en mettant un peu de côté, je pourrais facilement vivre plusieurs années sans travailler, mais je ne comptais pas rester sans rien faire. J'avais passé mon temps à ne rien faire, ça n'allait pas recommencer.

Je parvins à trouver un petit local à vendre dans un quartier assez branché de la ville. Un grand-père qui partait à la retraite et qui souhaitait bien en profiter en vendant son vieux bar. Trois semaines de travaux pour le remettre à neuf plus tard, et j'ouvrai le Quiver, un bar sans prétention où le but était de s'amuser et de boire de bonnes choses. Au fil des années, je me retrouvai avec une équipe de deux barmans supplémentaires, ainsi que quelques serveurs, allégeant ainsi la charge de travail tout en restant efficace.

En parallèle, dans cette grande ville, bien différente de Bodo ou Hammerfest, il arrivait toujours des trucs importants. Je voyais dans mes rêves l'avenir de mes clients, de mes collègues ou de ma sœur. Et de nouveau, je ne supportais pas de rester là sans rien pouvoir faire. Me vint alors l'idée de tout balancer sur les réseaux sociaux. Je demandai encore une fois conseil à ma sœur, en deuxième année dans l'académie, qui me conseilla d'en dire un peu, mais pas trop, au risque de provoquer la panique. Et surtout, de rester anonyme. C'était difficile de garder le plus gros pour moi, mais je dus m'y résoudre.

Je me contentai donc des accidents de voiture, des zones à éviter (sans en préciser la raison) ou des catastrophes naturelles, tout en restant vague. Sous le pseudo ridicule du « Spoiler » je menais ma petite double vie, qui semblait à mes yeux bien peu utile.
En revanche, quand ma sœur sortie de l'académie et pris son rôle d'héroïne à cœur, je lui envoyai toutes mes infos sans hésiter. Au point que tout le monde pensa qu'elle était capable de voir l'avenir, vu qu'elle savait exactement ce qu'elle allait devoir gérer face à toute catastrophe. Au final, je contribuais à sa célébrité à elle, et non à celle de mon père, mais au moins elle le faisait anonymement, et pour sauver des gens. En échange, je savais que si j'avais le moindre problème, je pourrais toujours faire appel à elle.

Quelques années ont passé depuis. La vie est confortable, réglée par le divertissement quotidien de la ville. Au final, mon bar a pas mal gagné en popularité, et la grande passion de mes clients, de mes employés et de moi même, c'est de monter le son de la télé dès qu'un héro rentre en action, pour l'encourager. C'était notre télé-réalité à nous. Dont j'en connaissais déjà la fin, malheureusement.
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Nils Erling│Civil
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