UNTIL DAWN

 

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Shizuka Nikki | Civil [Validée]




Fiche : ...
Grade : D
Niveau : 1
Expérience : 16



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Sam 21 Avr - 2:38
Nikki  Shizuka
Race : Humaine.
Sexe :Féminin.
Âge : 24 ans
Anniversaire : 28/02
Nationalité : Japonaise.
Classe sociale : Moyenne.
Groupe : Civil.
Métier : Journaliste se demandant si elle ne devrait pas se reconvertir à force.
Sexualité : Homosexuelle au moins.
Loisirs : Sortir, faire les boutiques, lire, jouer à la console, manger. Manger beaucoup de choses sucrées.
Pseudo sur Kaibyou : Aceshard
Particularité : A une tendance prodigieuse à se trouver où il ne faut pas exactement quand il faut pour être dans la mouise.
Avatar : Usami Renko - Touhou
Mental
De tout temps, l'homme a recherché le pouvoir, l'argent, la conquête et le savoir. Le savoir. Pouvoir comprendre le monde qui l'entoure, comment sauver des vies ou au contraire, en prendre -bien trop souvent- ou juste, accumuler des connaissances pour le simple plaisir de satisfaire l'un des sentiments les plus primitifs qui soient : La curiosité.

Et dans ce monde où l'inconnu se mêle au quotidien des ménagères, où des phénomènes inexpliqués arrivent là où notre regard ne peut porter, il existe des hommes et des femmes qui, chaque jour, luttent dans l'ombre pour nous transmettre les faits de ce monde.

Oui bon, je sais. C'est une intro franchement épique. Mais que voulez-vous, à force de travailler dans un journal, on fini par avoir envie de dramatiser les choses.
Vous savez, donner des informations, les embellir pour attirer le regard, faire plaisir à la petite ménagère qui, pendant qu'elle prépare son café le matin, peut se délecter des plus grands drama de son quartier.

Aussi faut-il une personne, une seule, pour observer ce monde. Dans la plus grande discrétion, tel un détective recherchant le crime, mais qui, en réalité, ne cherche qu'à nous dévoiler ce monde sous nos yeux ; ce monde qui, sans que l'on n'y prête attention, bouge sans cesse de façon imprévisible.
Tromper les regards, armée d'un stylo, forcer le monde à tourner dans le rythme souhaité. Des qualités que je tente d'acquérir chaques jours qui passent.

Car si la patience et la retenue sont mes plus grandes qualités -et pour le coup, il faut dire que j'ai de l'expérience dans ce domaine- le contact humain est encore une chose bien étrange pour moi.
Les cauchemars, les incertitudes, l'insécurité. Tant de choses qui m'affectent toutes mes nuits, m'assaillent sans cesse, me sapent de quelques forces. Mais je tiens bon, fièrement, sur mes pieds. J'endure aux quotidiens nombres de tourments et j'en tire certaines choses. Une sainte patience. Une patience telle que, même dans les situations les plus farfelues que le monde m'impose, je peux garder ce sourire et ce calme sacré. Une imagination parfois malsaine et une sensibilité particulière aux ambiances. Les films d'horreur, quelle invention merveilleuse. Car je prétend ne pas y être affectée. Car rien ne s'en retransmet sur mon visage.
En réalité, je suis sûrement en train de paniquer et d'imaginer mille commentaires sarcastiques et irrationnels pour décrire la situation, mais je suis l'ace de la pokerface. Le bluff est ma vie. Donner de fausses informations, savoir en absorber tout autour de moi, vivre une vie se voulant calme, mais étant sans cesse en mouvement est mon combat. À quel moment ai-je décidé de tourner le dos à ce doux rêve de travailler comme secrétaire dans une petite boite calme ?

Je ne sais pas. Mais se contredire soi-même est la meilleure façon de montrer des choses fausses au monde. J'ai bien des petits tics, bien des choses qui, en silence, me contrarient. Tant physiquement que mentalement, nombres sont ces petites choses qui me rendent consciente de moi-même et me forcent, au quotidien, à me draper, à adopter des coiffures particulières, à m'habiller de certaines façon. Rare sont les fois où j'expose mon cou ou mes mains, par exemple. Rares sont les fois où mes cheveux sont attachés dans ces couettes que de nombreuses personnes idolâtrent.
Non, j'adopte un style qui doit garder cet équilibre pour me plaire et m'être fonctionnel. Une couverture sur moi-même.

Mon regard est bien trop souvent en mouvement. À l'affût de la moindre chose, du moindre comportement. De la moindre personne. Car observer le monde n'est pas chose aisée, pour des yeux sans cesse fatigué. Mais l'habitude des années ne permet pas de les sous-estimer. Ils regardent ce monde, ces gens qui, dans leur vie quotidienne, ne s'attendent pas au jour ou la journaliste avec son chapeau viendra les aborder, ce regard perçant un instant alors qu'il cache une certaine timidité. Ou plutôt, un problème pour communiquer.
Peut-être que ce métier n'est qu'une façade. Un prétexte pour une réhabilitation, ou pour apprendre comment communiquer. Transmettre des informations, n'est-ce pas un moyen pour l'homme de se développer, de s'assurer un rôle dans ce monde ?

Alors je note, ce monde qui bouge tant. Je le fige, sur de nombreuses photos. Je le retranscris sur un simple papier. Peut-être ne veux-je m'assurer que de son existence moi-même. Car si mes nombreuses nuits m'apportent d'incessants cauchemars, peut-être ne suis-je encore que dans un songe en ce moment même ? Le monde est une étrangeté. Une chose qui me fascine tout comme elle peut m'effrayer. Une chose qui me force, sans cesse, à garder ce sourire assuré et confiant alors que, dans mon être, le doute agrippe mon cœur.
Le calme, la force d'endurer. Pouvoir s'adapter à ce que les gens ne sauraient tolérer. Peut-être que j'exagère, mais je ne souhaite pas aux autres de ressentir certaines choses.

Les gens, ils sont bien intéressants. Plus que de simples sujet à étudier, une petite fille s'est longtemps demandé si elle était différente d'eux. Mais même adulte, elle se pose encore des questions. Car elle ne se sent pas comme les autres. Elle lutte au quotidien pour s'adresser aux gens, elle se bat chaque matin pour cacher les ravages de nuits mouvementées. Elle est forte, diront certains.
Elle est lâche, diront d'autres. Elle l'admettra elle-même. La fuite n'est pas une technique secrète pour elle. Elle sait reconnaître le danger. Elle sait reconnaître quand elle se trouve dans une situation problématique. Fuir est bien naturel, tromper le monde pour se donner plus de chances l'est tout autant pour elle.

Enfin, je commence à radoter. Me comprendre moi-même, même en partie, est déjà un miracle. Je sais que je tiens bon. Que je résiste à bien des choses. Peut-être que ce monde est trop grand, pour moi. Peut-être que je cotoie bien trop de choses dangereuses pour justifier avoir de quoi m'en protéger. Ce sourire qui semble pouvoir tout endurer cache peut-être une colère et une jalousie qui, si elles devaient être lâchées, sauraient ruiner bien des choses ? Qui sait, la patience est la seule chose dont je peux me targuer de posséder. Car dans l'ombre d'une ruelle, assise à une table dans un bar ou bien encore, cachée derrière une voiture, je peux observer ce monde tourner pendant de longues heures.

Pour celui qui voudra me parler de moral, je n'aurai qu'une chose à lui répondre.
Je ne suis qu'une simple journaliste, mais je suis plus proche d'un marchand. Car les informations sont une chose qui, de tout temps, ont intéressées les hommes. Et celui qui détient des informations peut décider qui seront ses clients.
Ce monde n'est pas entièrement noir ou blanc. Il existe une part de gris, quelque part, qui vit et profite des autres couleurs. Quelle nuance vous voulez voir dépendra uniquement de votre regard.
Physique

Ah, ce reflet.
J'ai une impression de déjà vu, en me disant ça chaque jour. Je suis loin d'être narcissique, mais il faut l'admettre. On peut aimer se voir dans un miroir de façon objective.

Depuis déjà bien des mois, mes nuits ont fini par se calmer. Bien qu'il m'arrive, dans d'obscures périodes, de sombrer dans un cycle de cauchemars venant mettre en péril mon visage, je dois bien admettre que mes cernes sont, maintenant, facile à cacher.
Fini, ces obscures balises me donnant un regard plus violent qu'un yakuza en promotion. Fini, ces yeux rougis de fatigue. Une simple touche de maquillage, légère, et me voilà parfaitement abordable. Elle est bien loin derrière moi l'époque où ces artifices ne changeaient presque rien.

Ma peau a repris des couleurs plus agréables et, avec un regain d'énergie, la voilà enfin appréciable au toucher. Je ne comprendrai jamais les personnes tactiles je pense, mais, si elles recherchent des douceurs plus grandes que ça chez les gens, peut-être que je peux tolérer leurs manies.

Ah, mes yeux noisette. Ils grandissent à force, ils ont bien souffert de mon enfance, mais avec de simples lentilles, je peux voir le monde comme les autres. Je ne suis pas fan des lunettes, mais avec les évolutions de la technologie, je peux au moins m'amuser avec des lentilles correctrices de différentes couleurs. La première fois que mon patron m'a vu avec les violettes, il s'est posé pas mal de questions sur son état de fatigue. Mais je m'en amuse. C'est vraiment sympa, de pouvoir changer de couleur comme ça.

Et en parlant de couleur. C'est incroyable combien un simple médicament permet de changer de couleur de cheveux. Et combien une couleur un peu plus clair, en passant d'un brun bien foncé allant au noir à un châtain, m'a permis d'accepter des coupes de cheveux plus courtes. De longs cheveux noir corbeau comme je les ai porté enfant sont magnifiques mais... J'admets que, mi-long et châtain, c'est un style qui me plait. Surtout, quand je peux briser la symétrie, avec ma natte favorite sur la gauche. Elle m'est vraiment utile et un calvaire à entretenir. Il faut bien que je cache certaines choses sur mon cou quand j'ai le malheur de dire à une certaine personne que je vais faire l'interview d'un homme...
Ah, mon pauvre cou. Bien peu seront ceux capables de te voir, sous mes cheveux.
Mais il y a plusieurs choses qui me dérangent, dans mon corps. On a tous nos petits problèmes physionomiques, après tout. Et pour ma part, entre mes atouts disons...
Modeste, pour ne pas me blesser, et de vilaines marques sur mon ventre, j'ai mon propre lot de difficulté.
La nature et l'humanité sont de sacrées chieuses.
Au moins, j'ai la chance de ne pas avoir une taille de gamine. Je dépasse même la moyenne nationale avec mon mètre 65 ! Ha, on fait moins les malins à pas pouvoir m'appeler gamine hein ?

Bordel, la génétique. Pourquoi je pouvais pas naître avec un peu plus, j'avais des espoirs, des rêves et des envies. Et c'est pas comme-ci j'aurai eu des problèmes pour m'habiller ! Ma garde-robe est tellement fournie, je pouvais bien mériter un peu plus de générosité !
La nature est vraiment une emmerdeuse. Avec les bonnes tenues, je pourrai passer pour une garçon. Du coup, j'évite au possible de porter des pantalons, je laisse une professionnelle s'occuper de mes tenues pour faire sortir ma féminité.
Et je me blesse moi-même quand je me dis que, vu les problèmes dans lesquels je peux me fourrer, être passe-partout a ses avantages. Je me maudis sincèrement.

Enfin, arrêtons de nous lamenter sur les méfaits de mère nature cette radine ! Je suis une jeune femme aux multiples expressions, et capable de tenir une poker face absolue en toute circonstance s'il le faut. Et c'est pas bien dur, quand on a généralement des problèmes à exprimer les choses, quand on a passé son temps à les refouler.

Mais à ce qu'il parait, me voir paniquer et rougir est adorable.
Mais me voir contrariée, à toujours tripoter mes cheveux pour bloquer la vue de mon cou, est presque devenu un tic.
J'aime bien mes jambes aussi. Elles sont fantastiques, mes jambes. À force de devoir m'échapper de situations farfelues, j'ai découvert qu'elles ont un potentiel exceptionnel.

Ah... Je vais peut-être devoir porter des gants parfois. Je découvre parfois certaines marques qui me posent problème...
Wanderer
Nom du Pouvoir : Merry Nightmares
Nature du Pouvoir : Don
Costume : Peut-on vraiment parler de costume pour les non-héros d'entre nous, ou les non initiés au plaisir d'un spandex moulant aux couleurs sombres sous slips rouges ? Mais parlons plutôt d'habits de fonction pour ceux qui n'affrontent pas le mal. Car si pour travailler, je ne porte pas forcément de tenue digne d'être relevées, quand je dois rechercher des informations, j'ai ma propre panoplie de pseudo-détective.
Mon éternel chapeau noir, avec son grand ruban blanc. Assez large pour pouvoir me cacher si besoin. Mon imperméable marron, digne des vieux commissaires, arrivant à égalité avec mes châles noirs. En fait, ça dépend du temps car cet imperméable tient vraiment chaud, mais il a au moins l'avantage d'être grand, d'avoir des poches, et de me donner une certaine allure.
Une cravate, laissée volontairement mal remontée pour donner un petit air négligé, et me voilà prête pour l'aventure. Et les problèmes au quotidien, j'ai cru remarqué.
Il m'arrive parfois de mettre des perruques, si je sais d'avance combien la situation dans laquelle je m'embarque risque de dégénérer et si je ne peux pas m'en défaire.

Description :
"What a horrible night to have a nightmare, right ?" Les cauchemars. La quintessence de nos peurs les plus refoulées. Nos angoisses, ce qui tourmente nos nuits pour les uns, nous force à nous réveiller en sursaut, nous sapent le moral dès lors que l'on est réveillé. Des souvenirs, de l'imagination, un poil d'insécurité et ajoutons à ça les sueurs et les cris, voilà de quoi vous concocter un petit remède miracle pour la santé que vous trouvez beaucoup trop bonne.
Merry Nightmares. C'est comme ça que j'ai décidé de l'appeler, ce don. Ou plutôt, cette malédiction que les scientifiques, si d'aventure je dois les laisser ausculter mon corps, l'appelleront. Un don assez peu agréable, assez peu utile dans la vie de tous les jours puisque, ce truc, il m'a pourri ma vie un nombre incalculable de fois.

Au début je pensais que souhaiter à des gens d'avoir leur petite dose de mauvais rêves était le déclencheur. Quelque part, c'est un don. Il faut une intention, bienveillante ou non, pour l'utiliser. Mais j'ai découvert que les pouvoirs, c'est un peu plus compliqué que ça.


Si je dois le décrire, dans ce que je sais, ça tiendrai entre ces lignes.

Consciemment, une personne que je peux voir peut être affectée par ce pouvoir. Je n'ai pas nécessairement besoin de la regarder directement, qu'elle soit dans mon champ de vision suffit. Voir même un reflet dans un miroir. Il y a une distance pour l'utiliser cependant, mais je n'ai jamais eu l'occasion de l'utiliser à plus d'une dizaine de mètres, ni même eu l'envie sadique de tester ça sur un pauvre passant. Juste sur des personnes qui m'ont embêtée. Un petit cauchemar, c'est toujours une vengeance agréable à prodiguer.

Cependant, le hic, c'est que... Mon pouvoir ne peut pas forcer une personne à dormir. Il s'exprime de deux façons différentes. Une personne dans un état éveillé et une personne en train de dormir ne seront pas affectées pareil.

Pour une personne en train de se reposer, paisiblement, je l'envie, alors pour lui faire une farce, je peux briser son doux repos en lui offrant quelques petits songes moins agréables. Allez savoir ce que la personne peut imaginer, je dirai que... Je provoque simplement chez la personne le déclic pour l'amener à avoir son doux petit rêve. C'est excessivement efficace pour embêter les gens, et quelque chose que je connais bien. Après tout, il m'a ruiné bien des nuits, ce pouvoir à la con.

Sur une personne éveillée, le phénomène provoqué n'est pas le même. Je ne suis pas un marchand de sable, je ne peux pas provoquer le sommeil chez quelqu'un. Non, pas un sommeil. Mais plutôt... Un moment. Un petit instant. Une simple seconde, ou peut-être plus. Cet instant de flottement, où l'imagination file. Comme un rêve éveillé, comme un souvenir qui nous revient. Ce moment où l'esprit, qui se croit concentré, se met à douter. Mais ce n'est jamais agréable avec moi. Si seulement ça pouvait. Car je n'ai pas décidé de l'appeler merry nightmares pour rien. C'est peut-être digne d'une farce d'enfant, au final.
Mais c'est efficace, pour quelqu'un qui ne se bat pas, pour tenter de s'enfuir. Car ce pouvoir peut affecter plusieurs personnes a la fois -mais pas plus de 3, malheureusement. Enfin, on est rarement poursuivie par plus de personnes dans son quotidien, n'est-ce pas ?
Il est à noter que l'utiliser plusieurs fois à la suite sur une personne est assez inefficace. Si la personne se laisse prendre, la première fois pour quelques secondes, la deuxième fois lui passera comme un battement de cils. Toujours perturbant pour la personne, mais bien peu utile. Et au-delà... Il n'a plus d'effet avant quelques heures. 8 heures, pour être précis, comme la durée d'un certain phénomène...

Inconsciemment, ce pouvoir s'applique chaque nuit sur moi. Depuis aussi longtemps que je puisse m'en souvenir, rares sont les nuits de mon enfance qui ont été douces. Et même maintenant, alors que je l'utilise plus consciemment, j'alterne entre des cycles courts de nuits agréables et de nuits amères.
Mais il y a peu être un avantage, à ce pouvoir. Une simple conjecture, ou alors est-ce mon corps ? Mais il me rend plus résistant aux effets de la fatigue. Une façon de me dire que j'ai de la chance car, après tout, je peux bien profiter plus souvent de me réveiller en sursaut sans que ça me mette complètement en branle, pas vrai ?


Nom du Pouvoir : Watch over the world.
Nature du Pouvoir : Artefact
Description :
Grossièrement, une montre. À gousset, de surcroît.
Je sais, dit comme ça, avec un nom aussi étrange, ça vous dit pas grand chose. Mais cette montre, c'est pas n'importe quoi. Elle est suffisament ancienne pour qu'elle en ai perdu la chaine permettant de l'accrocher à ses vêtements. Et de toute façon, elle est un peu plus grosse que la paume de ma main pour vous donner une idée de la bestiole. Finement plaquée en or -mais je ne compte pas la montrer à beaucoup de monde au cas où ça soit du vrai et, vu mes informations, les 18 karats sont vrais - une double horloge -une pour les heures et minutes en romain, une pour les secondes plus petite en lettres arabes. Comprenez bien que, dans l'idée, ne pas pouvoir l'accrocher à mes chemisiers ne m'incommode pas le moins du monde. Elle a, cependant, quelques particularités bien plus notables.

Car, même si j'admets avoir un faible pour le rétro, je me trimbalerai pas avec ça dans mon sac comme-ci ma vie en dépendait.
Elle n'est presque jamais à l'heure. Comprenez plutôt, elle a déjà été à l'heure. À sa création, avec de rares cycles, elle parvient à la bonne heure. C'est une simple estimation mais, depuis sa création depuis le début du 19e siècle, elle a du connaitre au mieux 2 cycles. Ça fait pas beaucoup, mais elle est presque à son 3e cycle d'équilibrage.
Et pour les plus fins que je vois venir, oui, elle a un bouton qui devrait permettre de la remonter correctement. Mais ça ne serait pas un artefact si elle ne possédait pas son petit truc.

À l'époque où l'humanité pensait encore être seule, que les Dieux étaient leur propre création pour se consoler ou je ne sais quoi, les esprits le fruit de l'imagination - c'est encore le cas mais il y a beaucoup trop de témoignage correspondant aux légendes - une certaine entité se promenait sur Terre. Un être parmi tant d'autres, un songe des hommes, un être perdu dans le temps et sa longue vie. Mais un être curieux. Curieux de ces humains qui tentaient de mettre, grâce à des machines, une vision sur un phénomène simple : le temps.
Alors cet être, dans sa curiosité, s'était mis en quête de rechercher un de ces appareils étranges. Il saluait l'ingéniosité humaine de pouvoir, avec de simples engrenages, aiguilles et autres artifices tenant dans une main, ou s'érigeant encore aujourd'hui sur des tours, de mettre le temps à la vue de tous.
Les montres à bracelets se rependaient doucement, mais il ne les trouvait pas assez raffinées. Non, vraiment. Cet être, il voulait quelque chose de beau. Quelque chose d'exceptionnel. Quelque chose de distingué, d'or et de blanc. Un travail d'orfèvre. Quelque chose qu'il n'aurait pas besoin de remonter, quelque chose de plus révolutionnaire que les montres non automatisées. Un appareil qui, une fois dans la course du temps, pourrait à jamais tourner, rester aux côtés de cette notion immuable.

Et il le trouva, cet homme qui révolutionnera les montres. Cet homme qui parvint, après de longues heures, à créer une montre capable de tourner indéfiniement. Une montre à gousset, voyez-vous. Un appareil plutôt noble, simple mais élégant.
Cet être, dont je n'ai pas réussi à trouver l'identité, demanda à l'horloger de lui faire une montre. Une montre bien particulière qu'il lui offrit, sitôt fini, en lui laissant ces quelques mots. "Si un jour le monde te semble aller bien trop vite, prends un instant pour remonter cette montre. Un instant dans le temps, où ton corps se sentira libéré de sa course."
L'horloger garda cette montre jusqu'à sa mort, en ayant noté dans un carnet, pour ses descendants, ces mots. Cette montre étant le plus beau chef-d'oeuvre de l'artisans, nombreuses furent les luttes pour le posséder au cours des années dans sa famille. Et il est dit qu'à l'occasion, certaines personnes auraient échappé de peu à bien des malheurs. Il aurait fallu d'un rien, de quelques secondes, pour que leur vie s'achève, s'ils n'avaient pas écouté le conseil de cet être encore inconnu.

Cette montre, à chaque utilisation, elle avance dans le temps. Comme pour permettre à son détenteur, quand il appuie sur le bouton pour la régler, de prendre de l'avance sur le monde. Comme pour regarder le monde de l'extérieur, un court instant de conscience. Pour l'esprit qui porte cette montre, le temps semble ainsi figé. Il peut ainsi agir sur le monde, l'espace de ce qui lui semble 3 secondes. Elle apporte la sécurité à son détenteur, mais également la convoitise de ceux qui connaissent son pouvoir.
Car dans un monde en perpétuel mouvement, nombres d'âmes cherchent à pouvoir prendre une simple pause, un instant, pour contempler le monde qui les entoure. Mais peu sont les chanceux qui sauront être apprécié de pareil objet. Elle est capricieuse cette montre, diront certains.
Car la convoitise n'implique pas d' être accepté par celle-ci. J'ai peut-être juste été chanceuse que cet artefact m'accepte, modeste journaliste que je suis. Un jour où j'aurai pût mal finir à cause d'une erreur, j'ai tenté le tout pour le tout en remontant cette montre et, devant mes yeux, le monde m'a semblé.. Figé. D'un calme oppressant mais salvateur. Un simple miracle pour son détenteur. Qui sait, peut-être était-il à la recherche d'une personne qui aurait besoin d'une pause, de temps en temps. Peut-être n'est-ce qu'un caprice du destin, au final.  
Ce n'est que pure spéculation, mais peut-être que cette montre n'accepte comme porteur qu'une personne qui aura besoin de ces instants de calme. Peut-être qu'à ma mort, il se perdra dans les flots du temps, en attendant le prochain. Mais pour l'heure, je compte bien rester en vie et le garder le plus longtemps possible. Aussi longtemps qu'il sera mien, j'aurai un semblant de sécurité dans ce monde.

Chaque utilisation de la montre réduit également la vie de son détenteur de ces  3 secondes, car celui qui croit vivre au-delà du temps ne doit pas oublier. Un miracle vient à un prix, et le temps observe le monde de la même façon : sans cruauté ni préférence.


Présent

Aujourd'hui encore, alors que nombre de personnes se lèvent le matin pour aller travailler dans des bureaux, sur des marchés ou dans des boutiques, pour ma part, je me retrouve à devoir m'habiller de façon assez discrète pour pouvoir arpenter les rues, les bars et des lieux peu fréquentables de cette chère ville de Tokyo.
Si je ne traîne pas à l'affût d'informations pour mes prochains scoops, ne souhaitant que m'améliorer de mes maigres 2 ans dans ce métier de journaliste pour un journal bien controversé, je me retrouve attablé sur mon bureau à me ressasser les mots de notre rédacteur en chef :
-Un journaliste est comme un marchand, le peuple veut de l'information, on la lui fournit. On est la partie grise de la société, qui embarrasse le fleuriste du coin ou le ministre, ou qui compromet le complot d'un grand méchant.

De tout temps, l'information a été une ressource et a été convoitée de tous. Ainsi, savoir trouver l'information, démêler le vrai du faux, savoir écouter les rumeurs et assimiler le plus d'informations font partie de mon quotidien.
Qu'il pleuve, vent, neige ou fasse un soleil radieux, armé de mon chapeau, de mon stylo, d'un appareil photo à la pointe de la technologie et d'un carnet avec nombre de post-it que j'observe le monde, revend des informations contre rémunérations, suit dans l'ombre les scandales de notre ville adorée... Et obtiens des objets anciens car il faut l'admettre, à l'époque, ils ont fait des trucs qui ont de la gueule. Non mais regardez-moi cette montre à gousset du XVIIIe que j'ai obtenu en révélant à un groupe de trafiquant d'armes innocent que la police avait eu vent de leur affaire ! C'est dommage qu'un article pour révéler un fiasco des forces de l'ordre dans leur arrestation se soit trouvé dans un journal. N'est-elle pas merveilleuse cette montre ? Et depuis le temps que j'attendais de mettre la main dessus, ainsi que sur mon authentique polaroid. Avouez que ça a quand même une sacré allure.

Ainsi, j'interview fleuristes, yakuza, étudiants ou que sais-je. Car si l'information et l'ennuie viennent à moi, ma vie ne me déplaît pas le moins du monde.
Loin des rushs apocalyptiques de la vie de mon père, pouvant profiter d'avoir une vie à côté, si une certaine Aceshard se trouve dans vos contacts, ne soyez pas méchant avec elle.
La vie l'embarque déjà dans bien trop d'embrouilles pour qu'elle ai besoin d'ennemis. Et elle s'embarque elle-même dans ces problèmes en tentant de survivre aux imprévus. Ne la mettez juste pas du mauvais côté, un journaliste travaillant pour "la chronique des hués" adore révéler des choses.
Pourquoi croyez-vous que ce journal fait grincer les politiques à chaque parution et est rempli de censure ? Mais comme ce journal plaît, il survit par un miracle prodigieux.
Et par la même, mon salaire adoré à chaque fin du mois.
Le premier salaire aura servi pour la plus noble des causes : me payer ce fameux implant pour comprendre le monde et ainsi faciliter grandement mon travail. Non parce que le fleuriste, il parle en gallois donc forcément, ça aide pas une pauvre japonaise à comprendre tout. Et ça facilite la vie à la maison, également...
Histoire
Y a une chose que je me demande depuis quelque temps déjà. Du haut de mes 8 ans, alors que je bataille déjà à l'école, car, pour certaines raisons, je n'ai pas eu accès à un quelconque semblant d'enseignement avant l'école obligatoire.
Je ne sais pas. Je ne sais vraiment pas. J'ai beau regarder le sourire des gens, j'ai beau regarder leurs expressions joyeuses. Les sourires de ces enfants autour de moi, chaque jour. Ceux qui tiennent les mains de leurs parents, ceux qui rient ensemble sur le chemin de l'école.

Je ne sais pas. Quand de mon côté, je dois ouvrir une porte d'un petit appartement bien souvent vide.
Je ne sais vraiment pas. Qu'est-ce qui est le plus triste entre pouvoir me dire combien il est plus simple de compter sur mes mains le nombre de fois que j'ai partagé un repas à table avec ma famille. Ou de me dire que, qu'importe combien de cauchemars étranges j'ai put faire, il n'y a jamais une main pour tenir la mienne. Aucun bras pour me serrer, aucune voix pour me dire, simplement, que quelqu'un est là.

Une petite fille silencieuse. Regardant déjà le monde sans éprouver le moindre attachement. Une petite fille, assise dans un coin de sa petite chambre, s'évertuant à rattraper, de ses notes difficilement prises, le retard par rapport aux autres. C'est un miracle. Un véritable miracle que j'ai pu passer la première année. Alors cette deuxième, il faut que je persévère. Que je rattrape. J'ai eu de la chance. J'ai seulement de la chance d'avoir une mémoire un peu meilleure que les autres autour de moi. Et cette chance est bien limitée.
Je n'ai même pas à avoir peur de cacher mes copies. Cacher mes notes médiocres, cacher quoi que ce soit. Je regarde le monde, simplement. Mes yeux souffrent chaques jours. Le soleil est si douloureux pour mes yeux rouges. Chaque jour, à devoir tenir face au sommeil.


Je ne suis peut-être pas la seule. J'ai tant de difficulté pour des choses si simples. Et personne ne s'approche de moi. Mes cernes, mes yeux rouges. Ils ont tous l'impression que je suis en colère, froide. Que je suis une mauvaise élève. Combien de fois ai-je déjà été réprimandée pour m'être endormie sur ma table. Mais je suis chanceuse. A côté de moi, à deux places, il y a la personne qui se fait embêter car elle est un peu différente des autres. Et comme elle a l'air fragile, à côté de mon regard qui semble si colérique, je suis tranquille.
Je passe juste pour la petite qui cherche l'attention des professeurs en ne montrant aucun respect pour eux. Je baille quand ils me convoquent, je peine en sport. Je peine à calculer. Je peine pour tout faire.

Mais s'ils savaient. S'ils savaient ô combien je les envie.
Car ça fait depuis quelque temps déjà. Quelques années. Que je n'ai plus ressentis la douceur d'un sommeil tranquille. Je vais finir par m'y faire. Le matin, je n'arrive plus à pleurer à mon réveil. Je vais finir par m'y faire. Une triste illusion, à regarder le monde tourner. Je n'ai peut-être que 8 ans, mais ce monde me semble vide de couleur. Vide de sons.
Je peine à simplement garder ma tête droite, à marcher correctement.

Combien de jours sont passés depuis le dernier repas avec mon père ? Toujours le même message, sur la table du salon. Pour me dire de me débrouiller pour mon repas.
Je suis une grande fille. Je suis une sage fille. Je sais me débrouiller. Même si le micro-onde est hors d'atteinte, sur le meuble de la cuisine, je peux l'atteindre avec ma petite chaise. Ma main peut atteindre les boutons. Je suis une petite fille, qui doit jouer à être grande.

Mon père, il est toujours occupé. Il travaille dans l'enfer de la société. un salaryman comme un autre, faisant des heures impossibles, dormant à son travail. Je le vois assez peu. Il n'a jamais le temps pour les réunions avec les professeurs. J'ai bien de la chance. Il travaille beaucoup, je ne veux pas qu'il pense que sa petite fille n'en fait pas autant.
Malgré toutes ses heures, notre situation pourrait être bien pire. On a au moins une télé, un petit ordinateur, une petite console. On a des meubles, de quoi manger modestement.
L'appartement est facile à décrire. La cuisine se trouve à l'entrée, elle donne sur un salon, et il y a deux chambres. Les pièces sont petites, mais je ne m'y sens pas à l'étroit. Je suis petite, et tout l'appartement est, bien trop souvent peut-être, mien.
J'ai quelques jouets, quelques livres. Mais je n'ai pas le temps pour toutes ces distractions. Mes yeux me piquent, mes mains tremblent. Chaque jour, devoir atteindre le repas que j'ai chauffé est difficile, mais je m'y suis fait. Cette fatigue. Ces nuits pleins de cauchemars.

Après tout, il n'y a aucun bras pour m'accueillir. Aucun bras pour me réconforter. Je dois être forte moi-même. Comme ces héros à la télé. Il faut être fort. Il faut sourire.
Même si les notes de mon dernier contrôle sont faibles, elles se sont améliorées par rapport au dernier. En continuant comme ça, je sais que les larmes qui tombent dessus seront bientôt moins amères. Je fais de mon mieux. Je suis une grande fille. Mes mains tremblent, mes larmes coulent. Ce soir encore, aucun de mes petits doigts ne s'est levé. Aujourd'hui encore, je n'ai pas eu de chance. Car mon repas aura été seul, ma soirée aura encore été à écrire sans cesse ces fichus symboles.
Pourquoi doit-on apprendre autant de caractères. Pourquoi les chiffres tournent autant pour rien dire. Pourquoi je dois tracer des formes que l'on voit partout sur des panneaux, sur des pages. Pourquoi le japonais s'embête autant.
Encore une fois, je m'endors sans avoir réglé mon alarme. Je n'en aurai pas besoin.

Car cette nuit encore, c'est la même chose.
Un vague souvenir qui hante mes nuits. Ma mère, cette jeune femme sans caractéristique particulière. Une Asiatique petite, avec des cheveux noirs comme beaucoup d'autres. Non vraiment, elle aurait pu s'appeler madame tout-le-monde. Mais donc, cette jeune femme, pas plus de la trentaine. Me laissant à l'entrée de ce petit appartement bientôt si grand et vide. Me laissant à mon père, qui semble pourtant faible alors qu'elle, elle est bien portante. Elle, dont les vêtements sont propres. Mais qui a décidé de m'abandonner là.
Je suis une erreur, peut-être. Une décision beaucoup trop rapide. Quelque chose qu'elle ne peut pas assumer. Comme-ci mon père pouvait mieux m'assumer, alors qu'il travaille à pas d'heure.
Cette nuit encore, je me débats en silence dans ma couverture. Je le sais bien. Mon cœur est serré, mais je le sais bien. Elle n'a même pas prononcé mon nom pour se séparer de moi. Elle n'a jamais ressentis aucun lien avec moi. On en a eu un physique, mais peut-être que, sitôt il a été coupé, sitôt je n'étais plus rien pour elle. Un simple silence, qu'on laisse errer à jamais dans sa vie.

Un jour, je pourrai demander à mon père. Si un jour, un soir, il rentre alors que je suis encore réveillée. Peut-être un jour, pourrai-je lui demander si je suis différente des autres enfants. Si quelque chose ne tourne vraiment pas comme les autres.
Mais il faudra que je travaille ma voix pour ça. Ma voix me surprend toujours, quand je l'entends, quand j'ai besoin de la faire s'élever. Ma voix est prisonnière. Comme moi dans ce petit monde.

Je vais finir par m'y faire. À ce soleil qui brille tant, en ruinant mes petits yeux fragiles. Je vais finir par m'y faire, à ces lettres d'encres que je trace chaque jour. Je me suis déjà fait à ce corps tremblant. A le garder droit, à le laisser marcher. À voir des choses bizarres car mes yeux ne peuvent pas tenir face au tableau. Je pense que ça fait deux ans. Peut-être un peu plus. Qui sait ? J'ai arrêté de compter depuis longtemps, le nombre de jours que je suis comme ça. J'ai pu lever 6 doigts pour le score de mon papa entre temps. Je suis déjà chanceuse.

Mon papa, il fait de son mieux chaque jour. Alors de mon côté, je fais de mon mieux. Je tiens bon. Je ne sais pas comment, mais je tiens bon. Je m'écroule parfois, mais je me relève seule. Le monde aura beau tourner, il ne me laissera pas à terre. Il ne veut juste pas me laisser faire. Les adultes ne veulent pas me laisser faire. Les autres enfants rigolent juste, en me voyant étalée sur ma table.
S'ils savaient, la chance qu'ils ont. Presque tous, ont de la chance dans cette salle de classe. Mais je n'ai pas la force d'être un héros, d'aider les autres. Mes mains tremblent déjà du poids que je dois tenir chaque jour. Mes poings, qui se sont résignés à ce qu'on les ouvre un jour, tremblent chaque jour en tenant mon crayon.

Faire la route, sur mes faibles jambes, me donne déjà l'impression d'être un héros. Atteindre un appareil électrique sans tomber me semble pareil à enjamber le monde entier. Je n'ai même pas besoin de détourner mon regard. Mes yeux tombent déjà seuls chaque jour.

Si les adultes savaient, ô combien je souhaiterais ne pas être une enfant problématique, comme ils m'appellent depuis le début. Ne pas être toute seule dans la cour. Le fond de la classe est si relaxant. Loin de la fenêtre, proche de la porte. Je ne tiens pas à partir la première, non. Loin de là. Je tiens juste à m'éloigner du soleil. Même si je dois être loin du tableau, mes yeux sont assez fort pour me permettre de le lire, quand ils arrivent à tenir. Ils sont assez fort pour faire peur aux autres. Pour les tenir loin de moi. Pour tenir face à chaque contrôle.

Les années passent lentement, quand on a l'impression de se battre chaque jour contre le monde. Mais chaque année, j'y arrive. Je passe chaque année à la suivante, un pas après l'autre. Petit à petit, je commence à m'y faire, à la fatigue. Mon corps grandit un peu plus chaque jour, me rendant plus simple chaque tâche.
Mais mes nuits deviennent de moins en moins agréables. À force de grandir, a force de voir les réactions des gens entre eux, à force... De voir simplement le monde, à travers l'écran d'une télé, je me retrouve confrontée à de plus en plus de choses. À mesure que mon imagination, que ma connaissance du monde, se développe. Les monstres qui viennent ruiner mes nuits, ces impressions d'étouffer, de suffoquer chaque nuit. À mesure que ma vie passe, mes nuits deviennent si difficiles. Je voudrais dormir, mais le faire est une source de peur infinie pour moi.
À mesure que mon propre corps se développe, ce reflet, dans ce miroir, me semble bien triste. Bien vide. Mes yeux, ils sont noisette. Mais ils semblent toujours si rouges. Mes cernes... Je me demande si je n'ai pas eu de la chance, toutes ces années, qu'aucun professeur ne m'en parle. Ce doit être une chance, puisque j'arrive à avancer.
Ce reflet, d'une petite fille bientôt dans la puberté. Ces lignes, encore loin des adultes, que je touche chaque jour par peur qu'elles ne lâchent. J'ai bien de la chance, de ne pas m'effondrer. Je n'ai pas l'air forte. Mais avec ces yeux, je peux faire peur aux autres. Je garde mon monde calme. Quelle chance, de ne pas avoir de force au point de ne pas attirer le regard de qui que ce soit.
Parfois, quand mon papa est à la maison, il s'occupe de mes cheveux. On ne peut pas risquer de fragiliser nos économies pour un coiffeur, alors il s'occupe de couper mes cheveux. Je les aime longs pourtant. Ils sont une des rares choses que j'aime dans ce corps. Car ils me rendent totalement banale. Mes yeux sont noisette, mes cheveux sont sombres. Ils me donnent l'impression d'être comme ces autres filles. Même si personne ne les complimente, je les trouve plutôt beaux comme ça. Mais il doit toujours les couper, jusqu'à mes épaules. Un peu plus haut parfois. Je déteste quand il le fait, car le regard des gens change en me voyant. Ils sont toujours autant surpris, ils chuchotent toujours autant à mon passage.

L'adolescence n'aura pas représenté une grande difficulté pour moi. Toutes les filles semblent en souffrir, en avoir peur. Car elles changent, car elles se comparent toutes. Car elles ont leur embarras. Si elles savaient, ô combien j'envie leurs trivialités. J'en suis venu à aimer cette période. D'une façon ou d'une autre, avoir mal de cette façon ne m'apporte pas le sentiment d'être en vie, mais bien d'être, au moins d'un pas, comme les autres. L'adolescence a été la première fois que mon reflet, dans le miroir, m'a semblé moins déprimant.
J'ai bien de la chance, car je suis comme les autres. Une jeune fille qui n'a pas d'histoire, mais dont le corps fonctionne comme les autres. Même si ce n'est que d'un pas, entendre leurs histoires m'apporte un peu de chaleur.

Observer les autres est devenu un passe-temps depuis... Je ne sais plus. Les écouter, les étudier. Quitte à rester seule, autant s'occuper pas vrai ? Alors je les observe dans leurs vies. Je les envie, de pouvoir rire comme ça. Je les jalouse, de pouvoir parler si facilement ensembles. Je les maudis, par moment, de pouvoir si facilement faire ces choses. Je me mets, parfois, à souhaiter qu'ils leur arrivent quelque chose. Un cauchemar, comme ça. Et parfois, je suis exaucée. Alors mon visage se découvre à un nouveau sentiment, pouvoir sourire.

Je suis bien chanceuse, de pouvoir m'amuser de choses si simples aussi. De pouvoir m'amuser de voir ce garçon, qui embête cette pauvre fille depuis toujours, se lever d'un bon par peur de sa chaise. Ma chance est bien présente. Car je me dis que, quelque part, le monde peut avoir une maigre justice. Il n'y a aucun héros dans mon quotidien. Alors, qu'une force invisible m'offre de quoi sourire doucement, c'est une chance.

Un jour, j'ai obtenu une note bien au-dessus de toutes mes précédentes. Ce soir-là, mon père ne sera, encore, pas présent. Mais mes larmes m'ont semblés moins amères, sur cette feuille de papier. Il m'en a fallu du temps, mais je les ai rattrapés. Tous ces enfants de mon âge, j'ai fini par les rattraper. Il m'aura fallu bien des nuits, bien des heures, pour pouvoir brandir fièrement cette feuille vers la porte fermée de ma chambre. Ce sera le premier test que je poserai sur la table. Je n'ai pas honte de ces petites tâches tombées çà et là, car leur goût est bien plus plaisant pour moi maintenant.

Je m'endors toujours autant en classe, mais je m'en sors mieux. Je m'en sors bien mieux même. Mes professeurs s'y sont faits, avec les années. À cette fille qui s'endort en classe. Ils ont peut-être compris qu'elle se bat, chaque nuit, contre des morceaux de papier, contre des livres, pour brandir un simple stylo sur du papier blanc.

Quelle malchance, ce serait, qu'elle doive changer d'école. Car les prochains professeurs ne seront peut-être pas aussi tolérant envers elle.
Sa seule chance sera, au final, de n'avoir qu'une demi-heure de route pour aller au collège. Elle ne sera plus avec les mêmes personnes, mais elle pourra espérer avoir une nouvelle chance. La chance de pouvoir se faire des amis, peut-être, enfin ?
Qui sait, ses nuits seront peut-être enfin douces, à cette enfant qui ne cherche que la chaleur et le réconfort d'une nuit agréable.

Mais mes nuits seront toujours autant pourries. Mes nuits seront toujours autant froides. Mais il y a une chose qui a changé.
Mon papa commence à rattraper le compteur. Il aura fallu quelques années, mais de ce que j'ai compris, avec un système pour les héros qui commence à se stabiliser, il peut enfin être un peu plus présent. Il est là plus souvent. Il dort parfois encore à son travail, mais je n'ai besoin que de quelques doigts d'une main pour les compter. On s'est pris à une routine, à nous laisser des messages un peu partout le soir ; car je ne dois pas me relâcher, car je fais toujours autant d'efforts chaques soirs.
Mais pouvoir utiliser ma voix, pouvoir montrer une feuille sans pleurer dessus avant, me retrouver face à un repas, sur une table, sans avoir besoin d'atteindre un appareil juste avant, me donne une nouvelle force. Mes nuits sont tout autant pourries qu'avant, et je ne l'inquiète pas à lui en parler. Mais mes jours deviennent moins tristes, à me dire que cette maison devient plus petite pour moi.

Le collège dans lequel je vais me semble aussi morne et vide que mon école précédente, mais le soleil me semble moins cruel maintenant. Ma seule peur restera de fermer les yeux sur le monde. J'aime observer ce monde, car il me tient loin de mes nuits. J'aime petit à petit ce foyer, car une présence, une seule, suffit à changer mon regard sur le monde.
Si les uns et les autres s'amusent, entre amis, à aller en ville, je me satisfais volontiers de la présence de mon papa à mes côtés. Même si je sais que je dois faire des sacrifices, que je ne peux pas acheter la plupart des choses que je veux, je m'amuse au moins à pouvoir voir des vêtements différents de mes uniformes scolaires. Et parfois même, je peux m'émerveiller avec la crêpe qu'on s'accorde une fois par semaine ensemble.

C'est triste, de ne pas pouvoir lui parler d'autres choses que mes cours, que de ce que j'apprends. Mais... Je suis chanceuse, car ma voix peut enfin atteindre une personne. Car il voit les efforts que je fais et me récompense parfois.
Je ne sais toujours pas pourquoi, mais il économise de l'argent depuis déjà quelques années. Je ne sais pas combien non plus, mais un jour, il me l'expliquera.
Et que je fasse tant d'efforts, que je rapporte de bonnes notes, le réconforte. Il m'a bien avoué ça. En s'excusant de n'avoir été que si peu présent pendant tout le début de ma vie, il m'a avoué qu'il fait son possible pour mon avenir. Et que me voir réussir, malgré les difficultés -et plus qu'il ne peut l'imaginer- le réconforte. Car il le fait pour moi.

Alors je ne dois pas me relâcher !

Joueur

Pseudo : Utsuro (again ~)
Fiche joueur : ... Un jour ?
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Fiche : ...
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Sam 21 Avr - 2:38
Suite
Ma vie au collège a, ainsi, passé bien plus vite. Certes, il y a moins d'années d'études qu'en primaire. Mais ces années n'auront pas été aussi tristes que les précédentes. Les cours me semblent moins difficiles, je ne suis plus autant perdue qu'au début. J'ai de la chance, car mon corps tenu ce chemin.
Pour une fois, regarder le reflet de cette jeune fille grandissant m'a semblé moins éprouvant. Face au miroir de la salle de bain, ce reflet me semble plus grand.
Elle grandit, la petite fille qui tremblait tant auparavant. Elle a accepté cette coiffure peut-être encore un peu courte pour elle, mais elle grandit. Cette jeune fille aime ce sourire qui peut se dessiner, dans son reflet. Elle commence même à détester son adolescence, par moment. Car elle grandit et, cette douleur qui lui a offert du réconfort par le passé lui fait juste simplement mal maintenant.

Le collège, c'est aussi ingrat que la primaire. Mais je n'ai eu aucun mal à m'en défaire. Car il y a une grande nouvelle.
Mon papa a enfin décroché un poste sur Tokyo. Une promotion, enfin. Et tout l'argent qu'il a gardé de côté pourra enfin servir. Fini, le petit appartement. Fini, ces quelques murs étroits. La grande ville nous attend. Une nouvelle vie, un monde entièrement différent va enfin se dévoiler ! On va déménager. On va quitter cette ville, ces personnes dont je n'ai jamais réussi à m'approcher. Tout.
Et grâce au dur labeur quotidien que je m'impose, j'ai été accepté dans le lycée que je voulais là-bas. Loin de tout, loin de toute ma vie passée. Peut-être que, cette fois, je pourrai élargir mon monde. Si mes cauchemars ne quittent jamais mes nuits, je rêve bien éveillée de tout ce que je pourrai avoir.
Je dois être forte maintenant. Je dois vraiment être forte. Surmonter cet ultime obstacle. Pouvoir me sociabiliser, enfin !

Un rêve longtemps inaccessible. Une ville titanesque, du bruit de partout, des lumières partout. Et sûrement pas assez de temps pour pouvoir, une fois le nouvel appartement aménagé, l'explorer même à moitié. C'est à ce point que cette ville est grande. Que cette ville bouge. Si mon père est habitué aux rythmes endiablés grâce à son boulot, pour ma part, c'est un véritable choc. Et les gens ont tellement de particularités différentes ! Ils parlent des langues toutes différentes que je ne comprends pas pour certaines, ils ont des couleurs de cheveux plus farfelues les unes que les autres - Non vraiment, j'ai croisé une personne avec des cheveux tellement rose qu'une barbe à papa semble terne à côté. Sérieusement. Cette ville a des choses folles. Je ne parle même pas des boutiques. Y a vraiment des gens qui imaginent des vêtements comme ça ? Qui portent des vêtements comme ça ?

Mais cette fois, j'ai le droit de pouvoir demander des choses, de pouvoir avoir des choses. Mon premier téléphone ! À 16 ans, j'ai enfin un téléphone ! Je ne sais pas du tout comment m'en servir, je pianote au hasard dessus la plupart du temps, mais c'est génial ! Bon, j'avoue que la mémoire est déjà bien occupée par des jeux, mais j'ai de nouveau fait un pas vers la norme.

Le lycée en lui-même est assez grand. Il faut s'y attendre, après avoir sué, donné tout ce que je pouvais chaque jour, je mérite bien ça. Et ici, je ne connais personne. Avec un peu de maquillage, je pourrai bien cacher mes cernes et avoir l'air plus abordable pour les gens ! Mon papa en est même surpris. Il pensait que je les tenais de lui, ces yeux. Mais non, je les tiens simplement de ma fatigue quotidienne. Alors, pouvoir ressembler un peu plus à quelque chose chaque matin, c'est un plus. J'en viens même à aimer ce reflet, à me dire que si un jour mes nuits peuvent être tranquille, je pourrai peut-être me trouver plutôt mignonne.

Mes premiers jours de cours, avec un nouveau rythme plus soutenus, se sont passé bien mieux que prévus.
Il ne m'a fallu que quelques jours, mais une personne est venue me parler ! On a échangé nos numéros, on a un peu discuté et je me retrouve dans un petit groupe de 4 filles. Bon, j'avoue, j'ai bien du mal à comprendre la plupart de leurs discussions. J'ai bien rarement eu l'occasion de me consacrer aux vêtements, aux idoles à la télé et aux dramas qui passent chaque soir, je dois bien souvent hocher de la tête, tenter d'improviser, me renseigner au moins un peu pour les suivre... Mais j'ai enfin une place dans mon école. Un poids en moins sur mon cœur. Enfin, une chose si simple, pouvoir parler à d'autres personnes.

Il en est fou de joie, mon papa, quand je lui annonce que je rentrerai un peu plus tard. Sa fille arrive enfin à avoir une vie normale, c'est bien tout ce qu'il lui souhaite. Elle s'acharne et, tout fini par s'arranger. Ce déménagement prévu depuis si longtemps, tous les sacrifices qu'il a fait permettent enfin qu'ils aient une vie normale. Il lui laisse parfois des messages pour lui dire qu'il rentre un peu plus tard car il va boire un verre avec ses nouveaux collègues après le boulot, alors c'est le cœur léger que sa petite fille prépare le repas en l'attendant. Il faudra encore quelque temps, mais... Elle a abandonné de compter combien de jours ils ont mangé ensemble, maintenant.
Quelle chance, de pouvoir essayer des vêtements avec ses nouvelles amies, aller manger un bout dans une crêperie du coin. Même si elle se sent parfois un peu à l'écart, car elle est juste une petite nouvelle.

Quelle chance, au final, que mes nuits m'aient fait voir plus d'horreur. Car même des coups, car même se sentir à terre, me semble bien plus supportable que de trembler sous la fatigue.
Mais la douleur reste la douleur. Et c'est une chance qu'une de ces 3 filles puisse soigner des blessures légères. Enfin, une chance, si elle ne me les inflige pas elle-même parce que tout le monde en classe trouve que j'ai l'air d'une dure, et que ça plaît pas. Bon sang, je tente de cacher ce regard que les autres trouvent agressifs, mais au final, c'est juste à cause de ça que je me retrouve dans cette salle de karaoké, pour prendre quelques coups pour tenter de me dresser ? Mon attitude ne plaît pas, car je n'ai pas l'air de flancher aux premiers coups ?
Mes nuits sont déjà bien difficiles en fermant simplement les yeux. Si je dois maintenant rajouter une douleur dans mon ventre, le sentiment d'être épiée par tous... Devoir sourire simplement, hocher la tête quand mon papa me demande si tout se passe bien.
Ne pas me laisser démolir. Si ça ne leur plaît pas, je peux endurer. Mon corps s'est déjà senti bien plus mal. Mon cœur a déjà souffert bien plus. Mais mon sourire me semble plus douloureux, quand je peux ramener de bonnes notes.

J'ai beau observer le monde autour, mon sourire me fait bien plus mal que de simples poings. Que de ridicules mains. Que de quelconques mots. Mon sourire est si douloureux, mais au moins, j'arrive à m'en sortir. Même si je sais que je ne suis pas la bienvenue. J'ai simplement besoin de travailler. Encore, et encore. Écrire, lire. Endurer. Mon regard ne les perd pas, ces personnes qui n'osent pas bouger. C'est peut-être le karma, peut-être que, parce que mon corps ne me l'a pas permis avant, de m'interposer, personne ne le fera pour moi. Karma, t'es quand même une saloperie. Je veux bien t'y voir, quand tu dois déjà te battre pour te reprendre toi-même, punis pas quelqu'un qui n'a jamais eu plus de force pour soi-même.
Mais mon papa est fier. Il est heureux de ce mensonge que je lui sers, chaque jour. Au final, je ne mens pas tellement. Je passe du temps avec ces personnes, on sort, on va pour chanter, on passe du temps ensemble. On garde même un assez bon contact, si je puis dire. On parle assez souvent, ou du moins, je les écoute bien sagement me parler. Peut-être devrai-je tenter de me rebeller, mais si je regarde objectivement la chose... C'est pas comme-ci j'allais garder des séquelles. L'infirmière de l'école est douée pour soigner, quand je prends un ballon dans la tête en sport. C'est la jeunesse, je suis une personne maladroite, je ne fais pas gaffe.

Et je suis tenace. Rien ne va m'empêcher de réussir cette année. Au moins, je peux sourire de passer haut-la-main cette année. Aller, peut-être qu'avec de la chance...
Ouais. De la chance. Comme-ci ça allait suffire pour les tenir loin de moi. Je suis chanceuse, mais j'ai l'impression que c'est quand ça m'arrange pas. Car je reste au moins avec ces 3 charmantes personnes dans ma classe !
Encore deux ans et je serai tranquille. C'est la bonne nouvelle. J'ai tenu une année, si j'ai de la chance, je n'aurai que cette année à tenir. Peut-être que la prochaine sera tranquille !

Quelle chance. Que cette personne que je ne connais pas, soit arrivée un jour. Une fille de ma classe, une étrangère qui s'émerveille de tout, qui est juste passée au hasard de ce couloir. Si elle avait attendu un peu, j'aurai eu droit à l'habituel petit soin gratuit, mais qui suis-je pour me plaindre, à me tenir le ventre, que quelqu'un vienne en hurlant pour me tirer de là ?
Probablement juste l'idiote qui continuera de dire que tout va bien en souriant. Mais pour le coup, j'aurai vraiment apprécié pouvoir sourire différemment. À force, j'ai oublié ce que ça fait, d'avoir mal longtemps. Serre les dents, éloigne-toi simplement, et ne t'écroule pas. Pitoyable, mais il vaut mieux ne pas l'impliquer plus. Mais cette fille, qui me parle dans une langue bizarre en pensant que je la comprends, semble au moins plus sincère que les autres.

Et elle ne m'aura pas lâché de la journée. Quitte à vouloir me raccompagner au cas où. Et pourquoi mon père l'invite à rester manger ? Il est si content que ça de me voir ramener quelqu'un à la maison ? Mais accepte pas de rester si facilement toi bon sang ! Ah, j'ai mal à la tête. J'ai mal au ventre. J'ai mal partout. Je dois encore faire mes devoirs, mais en plus, je dois l'aider car elle a du mal pour le japonais, pour la littérature. En fait, un peu pour tout. J'ai réussi à lui faire comprendre que je ne peux pas la comprendre dans sa langue natale. Je n'ai pas encore la chance d'avoir une puce intégrée pour traduire tout, alors je dois y aller à la bonne vieille méthode du hasard. Et allez essayer de comprendre du français quand vous êtes même pas sur de ce que c'est. C'est quoi ces prononciations bizarres, même quand elle parle en japonais, elle a l'air de parler autre chose par moment. J'ai mal à la tête. Il est tard, je sais déjà que je vais avoir du mal à dormir. Même en prenant des médicaments pour la douleur, je sais que je vais avoir du mal à dormir.

Et il va falloir la raccompagner. Mais mon père insiste pour qu'elle passe la nuit ici. On a vraiment beaucoup trop tarder. Et c'est la première fois que quelqu'un est à la maison après tout. Mais. Va pas commencer à lui révéler que j'ai jamais eu d'amis à la maison avant papa ! Tu crois vraiment que c'est un truc que je veux étaler comme ça ? Et accepte pas aussi facilement de ton côté parce que tu habites un peu loin au final ! Ah, j'abandonne. Faites ce que vous voulez. Mes pyjamas sont pas à sa taille, surtout autour de certains endroits, et ça me met un coup en plus au moral. On va partager ma chambre, mais quelque part, mon regard ne peut s'empêcher d'être autre chose que fatigué. La nature aussi, c'est une saleté.
Mais bizarrement, cette nuit fut l'une des plus agréables dont je peux me souvenir.
On n'est pas encore amies à cette époque. Je la vois comme ma sauveuse et une personne que j'ai peur d'avoir mis en danger avec mes histoires.
Il est au moins normal de répondre à ses questions, et lui raconter ce qu'il s'est passé, non ? Lui raconter combien c'est idiot, de s'être interposé. Que mon papa a raison ; je n'ai jamais eu d'amis à ramener à la maison, juste des sorties avec ces filles, mais... Elles sont bien loin d'être des amis, malgré la proximité des gestes qu'elles ont échangés avec moi. C'est idiot. Elle aurait mieux fait de me laisser. J'aurai pu tenir encore une année. Je tiens sans réussir à dormir paisiblement, je tiens par miracle en me poussant sans cesse, je tiens face à tout, seule.

"Tu as affronté bien des choses seules, Shizuka, n'est-ce pas ? Tu es vraiment forte. Tu as vraiment été forte. Mais... Tu as le droit d'être faible, toi aussi. Tu peux être faible, sans avoir honte."
Ce soir-là, j'ai connu ma première embrassade. La première fois que des bras m'ont vraiment pris, en larmes. J'ai connu ma première nuit tranquille depuis bien des années. Car depuis le réveil de mon pouvoir, ce fut le premier doigt levé pour une nuit de repos. Pour une amitié véritable. Je ne sais pas pourquoi elle a fait ça, pourquoi elle est restée. Peut-être par pitié. Peut-être parce qu'elle voulait assumer jusqu'au bout de m'avoir protégée. Mais cette main tendue, ces bras autour de moi, cette chaleur contre moi, cette nuit là, restent à ce jour des souvenirs que je chéris profondément.

Et un véritable choc de me réveiller dans les bras de quelqu'un en me rendant compte de toute la chose. Mais à bien regarder, elle a toujours eu du mal à s'intégrer, aussi. Peut-être ses longs cheveux blonds, peut-être son caractère assez... Expressifs ? Mais les gens se sentent assez peu confortable avec elle. Elle est tactile, elle s'exprime facilement, s'émerveille d'un peu tout. On s'est assez rapidement liées ensembles. On a rendu la monnaie de leur pièce à ces 3 pimbêches. Et pour le coup, ça m'a bien fait plaisir, car elles ont été suspendues. Une douce satisfaction. Le karma a parfois du bon.

Quelle chance, d'avoir une véritable amie. Car les balades en villes, les sorties sont devenues bien plus agréables. Comme toujours, le soleil me fait mal aux yeux. Mais pour une fois, c'est de voir un monde avec tant de couleurs. De découvrir le monde d'un nouveau œil. Elle me chambre souvent car j'ai du mal à m'exprimer correctement, à montrer ce que je ressens ; je subis en permanence ses débordements d'affections, mais allez savoir pourquoi. Me faire entraîner par cette jeune française, qui s'extasie à la vue de la moindre robe, du moindre bâtiment, je trouve ça fantastique. Elle pourrait s'entendre avec tellement de filles en classe, si elles se donnaient la peine de l'aborder. Elle s'y connaît tellement en vêtements, en parfums, en tellement de choses. Mais, de là où je suis, elle rayonne plus que tout. Quelle chance j'ai de t'avoir rencontré.

Le reflet que je vois maintenant, chaque jour, dans le miroir, a un beau sourire. Même si mes nuits sont, bien souvent, faites de cauchemars plus douloureux qu'avant, je trouve ce sourire magnifique. Je trouve ce regard fatigué bien plus doux. Ce corps a bien grandi, pour pouvoir être heureux ainsi. J'ai presque l'impression d'être plus grande, chaque jour. Mon regard ose s'élever plus haut, pour défier cet astre dans le ciel. Peut-être est-ce à cause de ça, tout simplement ? Depuis combien de temps ai-je arrêté de regarder le sol, je ne saurai le dire.

Si je la considère comme ma sauveuse, je tente à ma façon de l'aider autant que je peux. Elle a des difficultés avec ses cours et, c'est bien la seule chose dans laquelle j'ai confiance. Le nombre d'heures que je passe sur mes bouquins. Les notes que je prends, que je fais sur mes carnets. Aller dormir chez l'une ou l'autre est devenu une routine, à force. Nos parents ne sont plus surpris de nous voir venir à l'improviste. Mais c'est toujours un grand choc pour moi d'emprunter ses tenues de nuits à elle. La nature est vraiment cruelle, parfois. Mais l'avantage, c'est que je respire bien dedans. C'est une triste consolation pour moi. J'ai également fini par m'habituer à mon rôle de peluche. Je ne peux pas m'y extraire. Et ça me rappelle bien la cruauté de la nature, chaque fois.



Nos chemins doivent cependant se séparer pour nos études. Car après le lycée, on a nos propres objectifs. Pour ma part, je vise un diplôme assez général, là où elle s'intéresse au stylisme. Mon objectif est clair : obtenir un diplôme qui me permettra de choisir dans un peu tout, et prendre quelque chose de calme. Quelque chose de bien différent de mon père.
Tout donner pour pouvoir être tranquille. Un rêve si simple. Mais on ne sera séparé que pendant nos cours.

Nos parents nous y ont aidées, mais on va vivre en collocation pour ces prochaines années. Le seul véritable réconfort pour nous, de pouvoir au moins nous retrouver chaque jour et pouvoir profiter de nos jours de repos tranquillement ensemble.
Je ne sais pas à quel moment, à partir de quand, mais un jour notre cohabitation a évolué d'une autre façon. Peut-être le fait d'être seules, peut-être les années qui ont passé. Je ne sais plus laquelle de nous deux a fait ce pas, ou si on l'a fait ensemble. Mais disons que j'ai dû me faire à des contacts beaucoup plus fréquents et particulier, dans l'inconnu le plus absolu et que ce fût la plus grande difficulté pour nos études respectives. Elle a bien de la chance, car ses études sont plus courtes que les miennes et, avec sa créativité, elle fût parmi les meilleures de sa classe. Elle a trouvé un travail assez rapidement derrière même, en tant qu'assistante pour une jeune marque de vêtements. On a fini par aménager ensemble dans ce nouvel appartement, le temps que je puisse finir mes propres études. Je lui sers bien souvent de mannequin pour des détails, mais je peux garder la tête haute moi aussi.

Car je suis le major de ma promotion. Et que mon papa a accepté de m'aider à trouver un travail plus calme.
Je ne sais juste pas comment il a pu tourner de cette façon. En une année, je suis passé d'une petite journaliste pour un obscur canard censuré à me retrouver dans des situations pas possibles.

Non, vraiment. Je vais juste dans un bar quelconque, je bois un verre tranquillement et je tombe sur des bagarres entre héros et criminels. Je venais juste boire un coup, tentant de trouver sur quoi écrire. Pourquoi donc un criminel emporte avec lui la vitre, mon verre, la table et s'écrase inconscient sur le sol à côté de moi ?
Pourquoi, alors que je suis juste en train de faire un article sur le fleuriste du coin, je me retrouve à devoir m'excuser face à des yakuza ?
Pourquoi je me trouve à côté de conversations sur de la contrebande alors que j'ai enfin réussi à fuir ces mêmes yakuzas d'avant ? Non vraiment.

À quel moment la vie calme que j'ai souhaité vivre m'a tourné le dos et que, moi-même, j'ai décidé de voir où elle m'emmènerait ?
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Fiche : Une tartelette à la fraise.
Grade : D
Niveau : 1
Expérience : 86



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Jeu 26 Avr - 12:00
J'ai enfin réussi à trouver un peu de temps pour lire et analyser ta fiche ! Désolé pour le retard, vraiment, tu as terminé ta fiche pile sur ma semaine la plus terrible du mois !


N'ayant pas beaucoup de temps avant d'aller travailler, je complimenterais ta fiche plus tard, te donnerait mon impression en détail sur Discord dès demain. Je m'excuse de ne pas pouvoir soulever tous les points positifs de ta fiche dès maintenant, mais je le ferais, c'est promis ! Rassures-toi, j'ai adoré ta fiche !

Le seul soucis rencontré dans ta fiche est au sujet de l'artefact. Ce n'est pas réellement le passé de l'artefact qui gêne (qu'il ait prêté ses pouvoirs à toute une famille au lieu d'une seule personne, parce qu'il n'était probablement pas un artefact à la base, seulement un objet béni ou magique), mais bien son présent. Une petite note pour expliquer l'affinité de Shizuka avec cet objet, serait utile. Sachant, qu'il ne peut fonctionner qu'avec elle (un artefact ayant qu'un maître). Tu ne parles pas de l'artefact dans l'histoire, en soit, c'est pas dérangeant, même si c'est dommage (mais à l'heure actuelle, ça serait trop modifier ta fiche pour pas grand chose, tu pourras y revenir en flashback dans un rp). Enfin, tu vois l'idée !


Ensuite, petit détail, mais je me demande si Shizuka possède maintenant un implant de traduction ou, si elle n'en possède toujours pas à la fin de son histoire ? Détail important pour les futurs RPs !

Bon courage pour la petite édition !

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Fiche : Trop fabulous pour en avoir une.
Grade : SSS
Niveau : 50
Expérience : 180



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Ven 27 Avr - 10:09
Tout étant en ordre, le grand lion furry te valide !

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Shizuka Nikki | Civil [Validée]
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